DU NIVERNAIS, DU BOURBONNAIS. SOI
reil arrêt, sans les moyens de le faire exécuter, ne pouvait être au plus qu'une lettre morte, si toutefois même il ; n'excitait pas encore la rage de ces barbares, qui se faisaient un jeu de braver la loi. La misère se répand de tous côtés, et le nombre desmendiantsaugmente tellement , que Nevers, le 29 mai 1651, est obligé d'établir aux frais ' de la ville avec les appointements de cent sous par mois, un « chasse-pauvres ou chasse-coquins » revêtu d'une robe aux livrées de la municipalité et qui prêtait serment entre les mains des échevins, mesure renouvelée (les plus mauvais jours du moyen âge, aux époques de piste 1. Abbeville était tellement endetté pour ses contributions et ses emprunts, qu'un partisan, pour en tirer quelque argent, prenait le parti désespéré de jeter en prison le maire Becquin. Les registres paroissiaux du Donjon, en Bourbonnais, signalent encore de grandes souffrances : « Le jour de Saint-Claude, 6 juin 1651, les régiments de Conti et de Bourgogne ont logé dans le Donjon et y ont fait beaucoup de maux, battu et rançonné plusieurs hôtes, rompu les meubles et emporté tout ce qu'ils ont pu, et délogé le lendemain. » Il en est de même dans toute la province : ici le siège de la place forte de Hérisson dure trois mois, à la grande affliction du pays; ailleurs, c'est la famille Teurant ou Thurant qui, avec les paysans du vill;i-{e, résiste aux partisans frondeurs et mérite ainsi l'anoblissement. La Provence se plaint qu'à la faveur des troubles les pirates viennent sur ses côtes prendre vais-
bonnais, le Nivernais et le Beaujolais; le Coq de Corbeville pour la Picardie, Soisbons, les élections de Montfort-l'Amaury, Mantes, etc. s;| 1, Registre, f»» 118 et 191. — Parmentier, Archives de Nevers, 1842 J bit même registre est rempli de mesures et d'ordonnances concernant les ■boulangers pour assurer l'aDprovisionnement de la ville et de la province de 1649 à 1655.