‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 239 sur 503 · S02 ANNEE DU DÉLUGE · texte numérisé non relu

S02 ANNEE DU DÉLUGE

seaux et marchandises, ce qui rend le pays pauvre el nécessiteux'.

De tous les côtés arrivent, en outre, les plus désolantes nouvelles d'inondation. C'est la Seine qui déborde et cause partout des ravages: une arche du pont au Change est rompue ; quatre ou cinq maisons du pont sont ruinées, les autres abandonnées, par la frayeur qu'inspire la crue extraordinaire du fleuve. A Angers, la désolation est à l'extrême par la crue des rivières qui tombent dans la Mayenne et le débordement de la Loire : toute la ville basse et le quartier des ponts sont inondés jusqu'au second étage des maisons; vingt et une sont renversées, quantité de personnes ont péri, tant par cet élément que par faim, malgré les libéralités de l'évoque Arnauld, du duc de Rohan et des principaux habitants. Le P. Cyrille de Laval, récollet, s'emploie trois jours à porter du pain dans un bateau à ces pauvres assiégés de l'eau, et ramène ceux qui étaient en péril; la plupart des ponts de Ce sur Ja Loire sont renversés et la ville inondée; la Mayenne, encore plus terrible, abattit une partie des grands et des petits ponts. L'est et le sud de la France éprouvent les mômes catastrophes: la Saône, le Rhône, même les rivières de second ordre comme l'Isère, débordent; les ponts de Romans, de Vienne sont emportés et beaucoup de villages inondés ; en Provence l'inondation fut telle, que dans les annales du pays on donne à cette année le nom d'Année du déluge. Les eaux de la Durance, phénomène inouï et à peine croyable, s'il n'était attesté par de nombreux témoignages contemporains, remontèrent jus-

1. Cabinet historique de M. L. Paris, mai, juin, novembre 1860; Mémorial de l'Allier, etc.; Manifeste du Parlement de Provence pour Abbeville; Histoire du comté de Ponthieu, par da Vérité, 1. 11.

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