‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 24 sur 503 · DE LA BOURGOGNE · texte numérisé non relu

DE LA BOURGOGNE

i'armée impériale n'eut que le temps de se retirer en toute hâte, et fut môme obligée de laisser de l'artillerie qu'elle ne put retirer des boues ; dans les bois de Tart, en 1700, on trouvait encore des débris d'affûts et de canons. La Valette et Weimar se mirent à la poursuite des ennemis, fatiguant leur arrière-garde à tel point que de seslreiite mille hommes, Gall as n'en ramena que dixmille; mais c'était encore assez pour faire beaucoup de mal dans leur retraite * par la Franche-Comté, dont les villes fermaient leurs portes à ces dangereux auxiliaires, mais ne pouvaient protéger les campagnes sur lesquelles se ruait une soldatesque de toutes nations qui marquait son passage par des flots de sang, des cendres et des ruines.

Par un singulier hasard, Saint-Jean de Losne était délivrée le jour même que Corbie fut reprise (14 novembre 1630). La France, ruinée il est vrai, était cependant sauvée de l'ennemi, et sauvée par elle-même, par l'effort du patriotisme de Paris et de Saint -Jean de Losne, comme l'ont justement remarqué MM. Michelet et d'Haussonville. Spectacle entraînant et plein de grandeur, que celui d'un peuple qui trouve sa force dans l'amour de sa nationalité menacée, et perd tous ses biens pour conserver son indépendance !

1. « Gallas, dit Forget, rentra en Allemagne avec plus de vaches que de soldats, mais tous la bourse bien garnie, » Lès caricatures de l'époque, une fois le danger passé, ne songèrent qu'à faire rire de Gallas; une d'elles (Bibl. imp.) le représente boulfi, avec un ventre énorme qu'il est obligé de porter sur une brouette, et lui met ces paroles dans la bouche :

Je suis ce grand Gallas I

Gargantua jamais n'eut une telle panse i Considérez un peu son extrême largeur.

Ah! j'aurais emporté quelque coin de la France, Si j'easse été si bon soldat que maugcur.

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