DE LA SAINTONGE ET DE L'ANGOUMOIS. 81S
jour; que les gouverneurs des frontières étaient venus
le trouver à Dinant. » Le premier président, de son côté,
docile aux ordres de la cour, demande l'enregistrement
de la déclaration, et prononce à ce sujet des paroles que
l'histoire doit recueillir, comme la véridique sentence de
, condamnation de toute cette haute noblesse princière :
? « Il eat triste de voir MM. les princes du sang donner lieu
à de telles déclarations ; mais ce malheur n'est que trop
. commun et habituel dans ce royaume. Cela est arrivé si
i souvent depuis cinq ou six siècles, qu'on peut dire qu'ils
i ont été les fléaux du peuple et les ennemis de la monar-
I chie; » et cent vingt voix contre quarante venaient s'asso-
\ cier à cette flétrissure, en votant l'enregistrement contre
i Condé.
f Ce langage devait déplaire au duc d'Orléans; aussi, soit pour se venger de Mole, soit pour effrayer le Parlement dans la personne de son chef, il soudoya le lendeinain une petite échauffourée. Une quarantaine d'individus se rendirent au Luxembourg, criant contre les impôts et demandant la paix. Le duc d'Orléans leur dit qu'il ne fe mêlait plus des affaires; que c'était au premier président garde des sceaux qu'il fallait s'adresser. Les émeu- Uers se dirigèrent vers l'hôtel de l'intrépide magistrat; iians accepter le secours que lui offrait le maréchal de IJSchomberg, en ce moment chez lui, la grande barbe fait ouvrir la porte à deux battants, et l'aspect de Mole, les menaçant avec le plus grand calme de les faire pendre, su (lit pour mettre en fuite ces misérables.
Si le Parlement se montrait depuis quelque temps plus respectueux et plus docile aux ordres du roi, il n'avait pourtant pas abjuré ses longs ressentiments contre le cardinal; il faudrait pouvoir copier ici le journal de Du-