‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 249 sur 503 · FUREUR DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

FUREUR DU PARLEMENT

buisson-Aubenay pour se faire une idée de la fureur, di l'inquiétude des cours souveraines et du peuple à propo de la marche de Mazarin : on répand les bruits les plu absurdes, qui sont démentis le lendemain, pour faire placi à d'autres aussi peu dignes de foi. Chacun des pas di l'ancien ministre est enregistré et commenté : « Il es entré dans telle ville; Châlons, par les soins de Jacque Talon, lui a fourni 2,000 rations de pain pour son infan terie; il a en outre 1,500 chevaux... De prétendues lettrei de Mazarin courent chaque jour les salons et les rues.., On veut s'en prendre à tout le monde; on songe à saisii comme otages de la conduite du maréchal d'Hocquincourt, chef de l'armée de Mazarin, l'abbé et les autre; fils du maréchal, étudiants au collège de Navarre; maii leurs oncles les en ont retirés et mis en sûreté... Un in stant aussi la comtesse d'Harcourt, dont le mari commande l'armée du roi en Poitou, est arrêtée et conduite prisonnière à l'hôtel de ville ; mais, sur les représentations du maréchal de l'Hôpital, gouverneur de Paris, Beaufort la délivre. Craignant qu'on ne revînt sur cette décision, la comtesse s'enfuit de son hôtel et va chercher un asile auprès de Senlis, chez un de ses fils... Une espèce d'émeute d'indignation éclate à la dépêche du gouverneur de Pont-sur- Yonne, disant que, malgré sa résistance, il a été obligé d'ouvrir un passage à l'armée de Mazarin, et que les conseillers du Parlement envoyés contre le cardinal pour lui signifier des arrêts ont été l'un tué, l'autre blessé et fait prisonnier. On voulait, par cette émeute, « faire donner à la chaude » arrêt contre d'Hocquincourt et tous les autres officiers qui servaient Mazarin... Enquête, par des gardes du duc d'Orléans, puis par le conseiller Portail, chez un banquier du quar-

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