Ms. Deaesde, cité parThibaudeau, Histoire du Poitou
m ROUAN PREND PARTI
tout ce qui la concerne entend et ordonne que tous
les gentilshonimes de cette province faisant profession des armes jouissent pleinement et paisiblement de l'exemption des gens de guerre en leurs maisons et lieui à eux appartenant, tant dans les villes, bourgs et lieux fermés qu'à la campagne...; défense d'y contrevenir, d'enlever quoi que ce soit, à peine de punition exemplaire. » Par contre, on ne fait rien pour les mendiants, qui sont si nombreux. « Les rues, les places publiques, les portes des églises en regorgent, dit un historien de cette province ; l'air était infecté de leur malpropreté, il3 favorisaient les larcins des domestiques, la nuit ils volaient les passants et le jour filoutaient dans les églises. »
L'attention de la cour était vivement appelée vers l'An» jou, où le gouverneur, longtemps incertain, semblait enfin pencher, timidement encore il est vrai, vers la révolte: le 24 décembre, il avait refusé au régiment de Picardie, qui rejoignait l'armée royale, le passage par le Pont de Ce; et pour s'assurer de cette position importante sur' la Loire, il y avait établi un poste. Cependant ce premier acte d'insubordination l'inquiétait; pour le justifier il envoya à la cour un gentilhomme chargé d'expliquer sa conduite : il avait craint, disait-il, que la présence des troupes royales ne causât un soulèvement dans le pays. Il semble vraiment, à lire toutes ces proclamations, à entendre tous ces discours, que, à certaines époques, le sens des mots change complètement : les princes appelaient Iranquillité publique tous les actes qui pouvaient le plus doubler et détruire cette paix si nécessaire, comme ils appelaient liberté la licence de tout opprimer.
Le déchaînement général qu'excita le retour de Mazarin mit \m terme aux hési*^tions, à l'incertitude de