POUR LA FRONDE
'iolian; ne jugeant pas que l'ancien ministre pût résister 1 un acliarnement si unanime, à un tel déploiement de passion, le gouverneur de l'Anjou voulut d'avance prendre rang parmi les vainqueurs. Après deux ans de ergiversations, il se déclare pour son ancien bienfaiteur uondé, et par son activité répare le temps perdu : Angers i:st mis en état de défense; Rohan lève un régiment de cavalerie et un d'infanterie, et par maintes caresses cherche à s'attacher l'ancien parti populaire des Loricards, naguère si cruellement réprimé. 11 faut lire, d'après une îhronique angevine, le discours que le duc tint à une éuiiion des corps de métiers convoqués dans son hôtel, ;t que rapporte M. Berger dans son travail, la Fronde en injou ;
« Messieurs, vous savez combien je vous ai considérés, portant vos ts autant ou plus que je n'ai fait les miens propres; ce qne j'ai ;ir le passé n'est rien en comparaison de ce que je prétends faire uj i.ud'hui. Vous savez que les princes ont une armée à laquelle va se oindre toute la France, pour prendre le cardinal Mazarin en quelque ieu qu'il se réfugie. Voici une lettre (jetant quelques papiers sur la able) par laquelle il me prie de lui mettre en main la ville d'Angers en faire sa place d'armes et lieu de refuge; il me promet payer tant mon gouvernement et même m'en donner à l'avenir un plus idérable. Mais faire cela, c'est penser à mon profit et à votre ; c'est faire mes affaires par la ruine des vôtres, me mettre en ùvcur auprès du roi, de la reine, de Mazarin, et vous, en disgrâce autres de toute la France, dont les armes venant à bref délai vous asiégi T pour avoir le Mazarin, vous fei-aient périr avec lui. Je n'ai garde; c \ous aime mieux que tout i'or et l'argent, et je veux m'exposer à "jiir pour votre conservation. »
Celte scène de haute comédie, jouée avec un grand
iplomb, eut tout le succès que le duc en attendait; le
•las grand nombre, ébloui par ce langage désintéressé,
lit renaître son ardeur passée et répondit par des cris
ie dévouement au duc, « sans considération ni respect