PESTE EN FRANCE
aussi grand. La mortalité jette l'épouvante dans tous les ciieurs: les médecins eux-mêmes succombent; il est impossible de pourvoir au pansement de tous ceux qui soni atteints de la contagion, si le nombre des religieuses n'est augmenté de trente^ On retrouve le fléau partout aussi terrible. A Saint-Quentin, dans cette fin d'année il enlève plus de trois mille victimes; dans la petite ville de Marie, d'août en décembre, il mourut plus de quatre cents personnes, et la dépense fut estimée à huit mille livres; en 16*37, de juin à fin novembre , on perd encore plus &e six cents malades. Vers la même époque, en Franche-Comté et en Bourgogne, l'épidémie change eu désert les bassins de la Saône, du Doubs, dévastés successivement par les armées françaises et étrangères.
A Beauvais la peste éclate vers octobre 1636 et dure toute l'année suivante, et, dit le manuscrit du chanoine Hermant, « il était bien malaisé de s'en garantir au milieu del'infectioncausée par l'arrivée de tant de villageois d'en deçà de la Somme. » A Compiègne, on lit dans la Vie ma-
1. « En 1631, l'Hôtel-Dieu avait eu constamment dix-huit cents ma- ,ades; son riche revenu ne put subvenir qu'au quart de la dépense; il fut obligé d'emprunter. Défense de tenir la foire Saint-Denis; des délibérations du 30 avril 1632, du 27 janvier lQ3!i, etc., constatent que la peste a reparu. » Les archives de l'assistance publique que M. le directeur général, M. Arra. Husson, membre de l'Institut, connu par de curieuses et savantes statistiques, a bien voulu nous permettre d'explorer, renferment des documents de la plus grande importance pour l'histoire du paupérisme à Paris et pour Thistoire municipale; n .ais signalerons principalement ici les registres qui contiennent les procèsverbaux des assemblées tenues chaque semaine, une ou plusieurs fois, par les administrateurs de l'Hôtel-Dieu ou des divers hôpitaux; les registres concernant l'Hôpital général; — les lacunes qu'offrent ces collections précieuses sont presque insignifiantes; — de nombreux testaments de personnages importants, etc.
<iG DUDGETS DES HOPITAUX.
niiscrito do sœur Barbe de Compiègnc, la bienfaitrice da pays: « La confusion borrible qui était dans la ville par le grand abord des villes voisines et des villages en fuite, mettait tout en tel désordre que l'on ne pouvait secourir personne, si bien que la pauvre fille mourut sans secours. » Elle fut cependant malade dix jours ! (Ms. Bibl. imp., 340, Miss. étr.)M. Ch. Read a trouvé, à l'occasion d'une étude sur de Brosse dans les registres paroissiaux de Verneuil-sur- Oise, près de Greil, des traces nombreuses de celte émigration. Un document assez curieux, « État au vrai du bien et du revenu de l' Hôtel-Dieu, » établi sur une moyenne de six années (1634-1640), nous prouve que, déjà à cette époque, les charges de cet hôpital dépassaient le revenu; que l'adminislration était obligée de vendre des biensfonds et de s'endetter, et qu'il en était de môme pour les hôpitaux Saint-Louis et Saint Anne, qui dépendaient de l'Hôtel-Dieu. Pour ces six années, la recette moyenne, tant du revenu fixe que du casuel obtenu par les quêtes ou l'argent déposé dans les troncs, s'élève à 197,758 liv. 11 sols 4 deniers; la dépense pendant les mômes années monte à 229,376 liv. 8 sols; déficit, 31,617 liv. 16 sols 8 deniers. «Le présent état, dit la préface, n'a été publié quepour faire connaître au public les vraies nécessités des pauvres malades. » C'est dans les mêmes termes que s'exprime un État au vrai de l'hôpital de la Charité à Paris, en 1644 : le revenu fixe n'est que de 4,139 livres 5 sols 9 deniers, et les dépenses nécessaires montent à 42,948 livres *.
Des chiffres et de froides iridic:\iions, tel est à peu près, sauf plus d'exactitude et de détails dans le récit des évé-
3, Bibl. Maz.j 10676.