‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 262 sur 503 · Le chanoine O'Reilly, Histoire de Bazas · texte numérisé non relu

Le chanoine O'Reilly, Histoire de Bazas

iMMseiller de Ïressemanes-Chasteuil, en robe rouge, KiilTé du chapeau de son laquais et l'épée à la main, haranguaient bourgeois et artisans, qui déjà se rassem- 'biaient en foule autour d'eux avec des cris de faveur, paraît une femme ; un pistolet d'une main et une épée dans l'autre, elle s'avance vers le plus épais du rassem- ;blement en criant hardiment : * Vive le roi, hors d'ici les Sabreurs. » A son aspect, le peuple reste un instant immobile ; mais bientôt se rangeant autour d'elle, il répète les mêmes cris comme un signal de liberté; les Parlementaires, enhardis, se saisissent de l'hôtel de ville et des autres postes importants d'Aix; les Sabreurs sont ;bientôt môme obligés de quitter la ville et se retirent à Marseille. Cette femme, qui était intervenue si à propos pour la fortune de la royauté, était la sœur de l'évêque d'Apt, Gaillard de Lonjumeau, la femme d'un zélé parlementaire, le conseiller Venel. Le dévouement qu'elle avait montré pour tous les malheureux pendant la peste, en prodiguant sa fortune et ses soins, lui avait acquis un grand pouvoir dans la ville; aussi est-ce à elle que doivent se rapporter ces mots d'Anne d'Autriche : « La ville 'd'Aix et la Provence ont affermi la couronne sur la tête 'de mon fils. »

On se figurera facilement ce que le Languedoc, situé entre tous ces foyers d'insurrection, devait souffrir. , Pour remplacer en Catalogne les troupes de Marsin et préserver le Roussillon de l'attaque des Espagnols, en même temps que pour défendre le Languedoc contre , Condé, la cour fit venir beaucoup de troupes d'Italie ; ces i troupes, soit dans leur passage, soit dans leurs quartiers, ' ravageaient tout. Dans l'assemblée des États, le 2o décembre 1651, quelques députés tracèrent le hideux ta-

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