‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 275 sur 503 · DE SAINT VINCENT AVEC LES MUNICIPALITES · texte numérisé non relu

DE SAINT VINCENT AVEC LES MUNICIPALITES

IJTOus y employez dans tous les lieux circonvoisins où les

iipauvres sont réduits à la pâture des botes, jusqu'à man-

Igerles chiens, ainsi que j'en ai vu les preuves. Ils ont

^auvé la vie à un nombre innombrable de personnes, et

|ont consolé et assisté les autres jusques à la mort, etc. »

I Ne rctrouve:t-on pas dans ces trois dernières lettres

une sorte de témoignage de satisfaction que Vincent de

Paul était bien aise de demander toujours à l'élément

laïque de la société, comme nous l'avons remarqué en

expliquant l'esprit des Confréries de charité.

Une dernière preuve, pour établir ce point si important, le rôle officiel et public de Vincent de Paul, c'est-àdire l'exercice de la charité au nom de la société par celui qu'elle a jugé le plus utile et le plus capable.

Comment expliquer de la part de celui qui disait sans cesse avec le grand Apôtre des gentils : « Le poison de la charité, c'est l'orgueil; son appui, c'est l'humilité, » comment expliquer, si ce n'est en vertu du pouvoir conféré par l'ordonnance royale, le billet suivant que M. Blanquart de Bailleul, évêque de Versailles, communiqua à M. Gossuin, auteur de Vincent de Paul jugé par ses écrits : c'est évidemment l'homme public qui parle et non l'humble chrétien qui se traite] toujours de « misétable. »

« Je soussigné, supérieur de la congrégation des prêtres de la Misfton, certifie à toits ceux qu'il appartiendra que, sur l'avis que quelques bonnes dames pieuses de cette ville m'ont donné que la moitié des habitants de Palaiseau étaient malades, et qu'il en mourait dix ou douze par jour, et sur la prière qu'elles m'ont faite d'envoyer quelques prêtres pour l'assistance corporelle et spirituelle de ce pauvre peuple affligé, à cause de la résidence de l'armée en ce lieu, par l'espace de vingt jours, nous y avons envoyé quatre prêtres et un chirurgien, et que nous leur avons envoyé, depuis la veille de la fête du Saint-Sacrement

26i PASSE-PORT SIGNÉ PAR SAINT VINCENT,

tous les jours, un ou deux exceptés, 16 gros pains blancs, 15 pintes de vin, et hier de !a viande, et que lesdits prêtres de notre compagnie m'ayant mandé qu'il est nécessaire d'envoyer de la farine et un muid de vin, j'ai fait partir aujourd'hui une charrette à trois chevaux, chargée de quatre setiers de farine et deux demi-muids de vin, pour l'assistance des pauvres malades de Palaiscau et des villages circonvoisins. En foi de quoi j'ai écrit et signé la présente de main propre.

« A Saiat-La2are-lùs-Paris, le 216 jour de juin 1652.

« Vincent de Padl, H Supérieur de la conffrégation des prêtres de la Mission. »

i. Voir Appendice, p. .

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