‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 282 sur 503 · G4 MISÈRE DU LANGUEDOC · texte numérisé non relu

G4 MISÈRE DU LANGUEDOC

merci, le mal naturellemenl est plus grand. Par sa position géographique, entre la Guienne et la Provence, et par son voisinage avec l'Espagne, qui mettait ce royaume ennemi en communication directe avec Condé, le Languedoc pouvait considérablement agrandir le champ des opérations militaires des princes rebelles: maître du Languedoc, Condé était maître de tout le Midi et en état de résister avec succès aux armes royales. Diverses raisons semblaient devoir entraîner cette province : gouvernement particulier du duc d'Orléans, dont la conduite fut des plus inconséquentes durant ces (roubles ; pays d'États, elle avait des privilèges nombreux et importants à défendre contre la politique envahissante de l'administration centrale; elle renfermait dans ses limites des territoires entiers, habités par des protestants, si faciles autrefois à soulever; l'humeur ardente de ses habitants, la haine invétérée du Sud contre le Nord, les souveniis encore vivants de l'indépendance de Toulouse, capitale du duché d'Aquitaine ou du comté dt Toulouse; tout, selon les apparences, paraissait devoir faire de cette province éloignée de Paris un centre d'insurrection. Nulle cependant ne demeura plus fidèle, malgré les calamités qui l'atteignaient ainsi que le reste de la France : outre un budget écrasant, elle eut aussi à subir les gens de guerre ; les registres du Parlement, les archives locales n'offrent à l'historien qui les parcourt que plaintes et doléances.

Les souffrances ont été telles pendant 1030, que le 7 février suivant le Parlement de Toulouse décrète un arrêt portant défense aux receveurs d§8 tailles de les lever h main armée; leur enjoint de tenir en compte les dépenses que les gens de guerre ont causées; ainsi un

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