JOIE EN GUIENNE
▼os intérêts et qui se rendront bien plus sensibles, lorsque notre passion sera animée par i'iionneur de votre présence. Ce sera alors que ce peuple, qui voit avec tant de plaisir vos prisons brûler au milieu de ses feux de joie, aura le bonheur de voir ici celui qu'elles lui ont si longtemps ravi. »
Une lettre de remercîments de Condé et de Conti vint assurer les jiirats et le Parlement de leur reconnaissance et leur rappeler que les intérêts de la ville leur étaient aussi chers que les leurs propres. C'était donner et prendre des gages d'avance pour la future insurrection. Le lien devint encore plus fort lorsqu'à la suite d'intrigues nouvelles du duc d'Épernon pour reprendre son gouvernement, il y eut une petite émeute et une lettre du Parlement demandant un nouveau gouverneur. Condé leur fut accordé par suite d'un échange des gouvernements de Bourgogne. et de Guienne entre M. le prince et d'Épernon (6 mai I60I).
En Bourgogne, la réaction avait été d'autant plus facile que Mazarin, sacrifiant Millotet en échange de deux lettres de Condé cédées par le président Bouchu, et qui pouvaient être utiles au ministre pour le projet de mariage de sa nièce avec le duc de Candale, fils de d'Épernon, avait laissé au pouvoir Bouchu et les principaux amis de Condé. L'autorité royale était si peu rétablie, qu'après la capitulation de Seurre le roi avait couru quelques dangers de la vie à Dijon : trois hommes déguisés forcèrent la porte d'un arsenal établi à Petit-Clairvaux, où avaient été amenés cent cinquante tonneaux de poudre pris sur Gallas en 1636. Déjà ils étaient parvenus à mettre le feu à un de ces tonneaux; mais l'humidité du lieu et de la poudre, causée par l'inondation du torrent de Suzon, fit qu'on eut le temps d'éteindre l'incendie. Si ce projet eût réussi, la moitié de la ville eût sauté, et avec elle le Logis- dii-Roi, où élaient alors Louis XIV et toute