POUR LA DÉLIVRANCE DES PRINCES
obligé (le délivrer Iui-mi>me (février 1651) ses ennemis et de quitter la France. Au bout de huit mois, Mazarin rentrait avec une armée au secours de la royauté; mais il fallut deux années de négociations, d'intrigues, d'attente, il fallut les fautes qu'amenèrent l'indécision du duc d'Orléans, l'emportement de Condé ; il fallut la ruine ÙO la France entière pour que Mazarin, après avoir ramené par la main, jusqu'aux portes de la capitale, le jeune roi, pût lui-même reprendre au Louvre cette place qu'il avait timidement abandonnée. Désormais il régnera en maître absolu de la fortune publique jusqu'au dernier jour de sa vie.
Un an d'absence et de captivité avait suffi pour que le peuple oubliât ses anciens griefs contre Condé, et la même joie qui avait accompagné son arrestation accueillit partout sa délivrance. A Bordeaux, l'allégresse alla jusqu'à la folie : on fit des Mazarins de paille et de toile peinte qu'on babillait de la façon la plus grotesque, et qui, après avoir servi de divertissement, étaient brûlés dans les places publiques; de tous côtés pleuvaient iltfazarinades et Archimazarinadei:, La lettre qu'on écrivit au prince, en réponse à la nouvelle que la princesse donnait de l'élargissement de son mari, témoigne des sentiments de cette ville :
« Monseigneur, il est difficile que la réjouissance soit modérée, quand la douleur a été extrême. La ville de Bordeaux, qui avait presque succombé sous la violence du déplaisir de voir V. A. en captivité, se trouve encore moins capable de supporter les excès de la joie que votre liberté lui cause... Ces faiblesses sont illustres, puisqu'elles sont les effets de la passion qu'elle a pour un prince qui est l'admiration de tout le monde... Ce sentiment est aussi universel qu'il est extrême. C'est, assurent-ils, une joie sincère, car ils ne mettent « de Tartifice que dans les feux qu'ils lancent de» théâtres et des pointes des clocbers... Tels sont, monseigneur, les petits témoignages de la grande aflectibn qui nous ittaclic à