ENQUÊTE DÉSASTREUSE
jusqu'à Caen; on s'atlaqua ensuite aux recettes publiques. Cependant la famine se faisait sentir dans la province, déjà la noblesse remuait, mettant en avant les grands mots de service du roi et d'Union, lorsque le Parlement de Rouen, par ses édits, arrêta le mal et rompit avec le Parlement de Paris, en enregistrant les déclarations royales contre les princes révoliés. Aussi peu à peu le calme revint dans la province, qui, pendant les années suivantes, fut exempte de grandes souffrances par les gens de guerre, que nous rencontrerons dans les autres provinces; il est vrai qu'en revanche elle dut fournir * plus d'un million de livres deniers extraordinaires dont Sa Majesté se servit dans l'extrême nécessité de ses affaires '. ■»
La Bourgogne n'a pu se relever de ses ruines de l'invasion de 1636; un procès-verbal de 1651 rappelle tout à fait celui que M. Rossignol nous a fait déjà connaître. La situation ne s'est pas améliorée ; la Bourgogne est gisante à terre comme autrefois dans les jetons municipaux :
« Jacques Filzjean, seigneur de Sainte-Colombe, conseiller du roi, maître en la chambre des comptes de Bourgogne et Bresse, député ec la chambre des élus, faisons savoir que, le 16 d'août 1651, étant an village de Cirey, bailliage de Dijon, sur la requête présentée à MM. lei élus par les habitants du village, avons procédé à sa visite :
« Ayant ordonné à Garnier, laboureur, de nous présenter les der* ijiers rôles des tailles de la communauté, il nous a fait réponse n'en avoir aucun, attendu qu'il n'y a personne audit village qui sache lire et écrire; il nous a seulement représenté un bâton quarré de la Ion» gueur d'environ deux aunes et d'environ deux doigts de largeur et un d'épaisseur, dans lequel nous avons vu et reconnu divers crans ei
1. Arch. imp. KK, 1070. Floquet, Hist. du Parlement de Normandie, vers latins de Halley. Opuscula miscellanea, 1675, p. 124, et Must normande, de David Ferrand, p. 46; Cunt royal sur les rnouvementi de la guerre de Paris; dans ce poëmo, à propos d'un festin de noces, des Parisiens venus à Rouen redisent les iiorreurs de Paris et s'émerveillent de la paix et de la prospérité relative de la Normandie