‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 308 sur 503 · DU NIVERNAIS, DU BOURBONNAIS · texte numérisé non relu

DU NIVERNAIS, DU BOURBONNAIS

reil arrêt, sans les moyens de le faire exécuter, ne pouvait être au plus qu'une lettre morte, si toutefois même il n'excitait pas encore la rage de ces barbares, qui se faisaient un jeu de braver la loi. La misère se répand de tous côtés, et le nombre des mendiants augmente tellement que Nevers, le 29 mai 1(551, est obligé d'établir aux frais de la ville avec les appointements de cent sous par mois, un « chasse-pauvres ou chasse-coquins » revêtu d'une robe aux livrées de la municipalité et qui prêtait serment entre les mains des échevins, mesure renouvelée des plus mauvais jours du moyen âge, aux époques de peste ♦. Abbeville était tellement endetté pour ses contributions et ses emprunts, qu'un partisan, pour en tirer quelque argent, prenait le parti désespéré de jeter en prison le maire Becquin. Les registres paroissiaux du Donjon, en Bourbonnais, signalent encore de grandes souffrances : € Le jour de Saint-Claude, 6 juin 1651, les régiments de Conti et de Bourgogne ont logé dans le Donjon et y ont fait beaucoup de maux, battu et rançonné plusieurs hôtes, rompu les meubles et emporté tout ce qu'ils ont pu, et délogé le lendemain. » Il en est de même dans toute la province : ici le siège de la place forte de Hérisson dure trois mois, à la grande affliction du pays; ailleurs, c'est la famille Teurant ou Thurant qui, avec les paysans du village, résiste aux partisans frondeurs et mérite ainsi l'anoblissement. La Provence se plaint qu'à la faveur des troubles les pirates viennent sur ses côtes prendre vais-

bonnais, le Nivernais et le Beaujolais; le Coq de Corbeville pour la Picardie, Soishons, les élections de Montrort-l'Amaury, Mantes, etc.

1. Registre, f»* 118 et 191. — Parmentier, Archives de Nevers, 1842; le même registre est rempli de mesures et d'ordonnances concernant les / boulangers pour assurer l'asprovisioanement de la ville et de la pro* vince de 1649 à 1655.

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seaux et marchandises, ce qui rend le pays pauvre et nécessiteux'.

De tous les côtés arrivent, en outre, les plus désolantes nouvelles d'inondation. C'est la Seine qui déborde et cause partout des ravages: une arche du pont au Change est rompue ; quatre ou cinq maisons du pont sont ruinées, les autres abandonnées, par la frayeur qu'inspire la crue extraordinaire du fleuve. A Angers, la désolation est à l'extrême par la crue des rivières qui tombent dans la Mayenne et le débordement de la Loire : toute la ville basse et le quartier des ponts sont inondés jusqu'au second étage des maisons; vingt et une sont renversées, quan» tité de personnes ont péri, tant par cet élément que par faim, malgré les libéralités de l'évoque Arnauld, du duc de Rohan et des principaux habitants. Le P. Cyrille de Laval, récollet, s'emploie trois jours à porter du pain dans un bateau à ces pauvres assiégés de l'eau, et ramène ceux qui étaient en péril; la plupart des ponts de Ce sur la Loire sont renversés et la ville inondée; la Mayenne, encore plus terrible, abattit une partie des grands et des petits ponts. L'est et le sud de la France éprouvent les mômes catastrophes: la Saône, le Rhône, même les rivières de second ordre comme l'Isère, débordent; les ponts de Romans, de Vienne sont emportés et beaucoup de villages inondés; en Provence l'inondation fut telle, que dans les annales du pays on donne à cette année le nom d'Année du déluge. Les eaux de la Durance, phénomène inouï et à peine croyable, s'il n'était attesté par de nombreux témoignages contemporains, remontèrent jii

1. Cabinet historique de M. L. Pârig, mai, jnin, novembre 4S60; M mariai de l'Allier, etc.; Manifeste du Parlement de Prouence ftour Abbevilte; Histoire du comté de Ponthieu, par de Vérité, t. U.

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