‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 309 sur 503 · CHERTÉ EXCESSIVE DES BLÉS. SOS · texte numérisé non relu

CHERTÉ EXCESSIVE DES BLÉS. SOS

qu'aux portes d'Avignon; toutes les rivières, le Var, le Yerdon, l'Asse, l'Arc débor(l(M-ent et se répandirent comme des torrents dans les villes et dans la campagne. Celte inoîjdation, jointe aux désordres de la guerre civile, qui persistait toujours dans cette malheureuse Provence, ne permetlent plus de cultiver les terres, amena une cherté extrême, presque une famine; le prix de la charge de blé n'atteignit jamais aussi haut (22 écus) pendant tout le dix-septième siècle, même dans la terrible année de 1693, où il fut à 21 écus 10 sols (le prix des bonnes années était de 6 écus, et en moyenne de 10 à 12 écus) *. Dans le Bourbonnais, toujours d'après les registres du Donjon, la coupe de blé seigle (mesure de trente livres ou double décalitre, dont le prix ordinaire était 10 sols) est rendue communément 40 sols en fin de cette année 1C51. Les Éphémérides auxerroises (ms, de M. Quantin) donnent les mômes renseignements: f 1651 — année très-fâcheuse pour la cherté du blé, qui valait 8 livres le bichet, le vin 4 sous 6 deniers la pinte; des maladies chez les pauvres et les riches. » MM. H. Martin et Lacroix, dans leur Histoire de Soissons, disent qu'au mois d'avril, en un seul jour, le muids de froment

!. Papon, TJMoire de Provence; Maurice Champion, Inondations en France. — Le chanoine Magloire Giraud, recteur de 8aint-Cyr, a dressé, d'après des documents autlientiques, des tableaux qui indiquent le prix du froment et de l'huile pendant les xvi«, \ni^ et xvme siècles, en compulsant les registres des délibérations du conseil de la ville de la Cà« dière. Cette commune faisait à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille une rente annuelle de six charges de blé, payables à Pâques, et une autre rente de onze milhéroles d'halle payables à Noël; on s'en acquittait tant(^t en nature, tantôt en argent. Lorsque ce dernier mode de payement était préféré, ce qui arrivait souvent, le marché de Toulon servait de régulateur, et le conseil avait soin de consigner, dans une délibération, le prix de ces denrées sur ledit marché. Voir ces tableaux dans le Bulletin de la Société des sciences, belles-lettres arts^ du Var. 1855.

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