‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 324 sur 503 · CONTRE MAZARIN · texte numérisé non relu

CONTRE MAZARIN

dans sa Bibliographie des mazarinades^ tout cela est écrit sérieusement et imprimé avec permission! Faut-il aussi jarler du fameux tarif de Marigny, qui semble trop être une plaisanterie de bourreau en bonne humeur, et tient autant de l'odieux que du ridicule*?

Pour appuyer ces barbares déclarations du Parlement, K' duc d'Orléans rappela de l'armée du Nord les régiments qui lui étaient particulièrement soumis, comme duc d'Orléans et comme gouverneur du Languedoc. Malgré ces mesures, Mazarin avançait dans l'intérieur du royaume. La colère, mauvaise conseillère, entraîna bientôt le Parlement dans une nouvelle faute : ils accueillirent les lettres du prince de Condé et les appuyèrent auprès de la cour, en demandant que la déclaration de lèse-majesté contre Condé fût suspendue jusqu'à l'entière exécution de la déclaration du même jour contre Mazarin (12 janvier 1652). Leur audace est encore augmentée par l'exaspération qui régnait à Paris en voyant le gouvernement songer à se saisir de l'argent destiné au payement des rentes pour subvenir aux dépenses de la guerre.

La haine égara également le parti de la cour : voulant

1. Tarif du prix dont on est convenu dans une assemblée de notables, tenue en présence de MM. les princes, pour récompenser ceux qui délivreront la France du Mazarin, qui a été justement condamné par arrêt du Parlement. Paris, 1652, 15 pages. Un prix différent est décrété pour quiconque rapportera un morceau du Mazarin, tant pour l'oreille, tant pour le nez, etc... Marigny, dans une de ses lettres, nous apprend que cette folie de mauvais goût fut faite sur la table de S. A. R. le prince de Condé, un soir qu'elle avait pris médecine, et que S. A. R. y a pria part. Lettres inédites de Marigny^ t. I, p. 242, et sept. 1861, t. VII. Une autfe lettre de Marigny donne un détail encore plus curieux et plus triste au sujet de ce pamphlet : « Le cardinal a pensé enrager du tarif. U le porta au conseil, où il fut lu; ce qui l'embarrasse, c'est que le roi l'a trouvé si plaisant, qu'il le sait par cœur et le répète à toute heure avec M. d'Anjou. » Cabinet historique de M. h. Paris, septembre 1861,

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