‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 323 sur 503 · FUREUR EXCESSIVE DU PARLEMENT · texte numérisé non relu

FUREUR EXCESSIVE DU PARLEMENT

Le duc d'Orléans était prié d'employer l'autorité du roi et la sienne pour l'exécution de cet arrêt.

La haine du Parlement contre le cardinal l'entraînât jusqu'au vertige; que signifiaient ces mots, l'autorité du duc d'Orléans, puisque la majorité du roi lui avait ealevé son titre de lieutenant-général? C'était, dés le premier pas, violer la loi constitutive du royaume et presque se déclarer en insurrection. Les autres clauses de l'anôt* outrageaient l'humanité et la civilisation : vendre la bibliothèque du cardinal*, ses meubles, sa galerie de tableaux, de tapis, et cela pour payer le prix du meurtre' Que dire encore de cette disposition qui priait le roi de pardonner à celui qui prendrait ou tuerait Mazarin, sil se trouvait précédemment coupable de quelque crime? Hideuse prime au vice et à la férocité que le Parlement eut la honte d'avoir décrétée sans que personne ait cherché à la gagner! Pour se rendre compte de l'aberration de certains esprits, il faut lire le pamplet: Croisade pour la conservation du Roi et du royaume. Paris, 1652, 7 pages. C'est une des pièces les plus curieuses de la Fronde : cérémonies religieuses, messes, prières, voilà pour gagner Dieu; pour le côté humain, de l'argent, ce nerf de la guerre, caisse de 100,000 écus pour les conjurés, dont 100,000 livres données à l'assassin du cardinal; serment sur la croix et le missel entre les mains d'un prêtre, etc. Rien n'y manque ; et, comme le remarque M. C Moreau

1. Un grand nombre de pièces de l'époque parlent de cette vente de la bibliothèque de Mazarin. Voir principalement : Advis à Nosseigneurs de Parlement sur la vente de la bibliothèque de M. le cardinal, par G. N. P. (Gabriel Naudé de Paris), bibliothécaire de Mazarin; Senfiwe?»/* d'un fidèle sujet du roi sur fatrét du Parleme?it du 29 décembre 1051, in-40, 75 pages. Le Palais Mazarin, par M. Léon de La Borde; la C07'' respondance de Mazarin et celle de Fabert sont remplies des regrets que causa au ministre la perte de sa bibliothèque et de ses collections.

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