‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 327 sur 503 · POUR LA FRONDE · texte numérisé non relu

POUR LA FRONDE

} liohan; ne jugeant pas que l'ancien ministre pût résister ' à un acharnement si unanime, à un tel déploiement de j passion, le gouverneur de l'Anjou voulut d'avance ^prendre rang parmi les vainqueurs. Après deux ans de : tergiversations, il se déclare pour son ancien bienfaiteur ,Condé, et par son activité répare le temps perdu : Angers l'est mis en état de défense; Rohan lève un régiment de ; cavalerie et un d'infanterie, et par maintes caresses cherche à s'attacher l'ancien parti populaire des Loricards, I naguère si cruellement réprimé. 11 faut lire, d'après une chronique angevine, le discours que le duc tint à une i réunion des corps de métiers convoqués dans son hôtel, ij et que rapporte M. Berger dans son travail, la Fronde en

h Anjou :

« Messieurs, vous savez combien je vous ai considérés, portant vos întérôts autant ou plus que je n'ai fait las miens propres; ce que j'ai fait par le passé n'est rien en comparaison de ce que je prétends faire aujourd'hui. Vous savez que les princes ont une armée à laquelle va se joindre toute la France , pour prendre le cardinal Mazarin en quelque lieu qu'il se réfugie. Voici une lettre (jetant quelques papiers sur la table) par laquelle il me prie de lui mettre en main la ville d'Angers pour en faire sa place d'armes et lieu de refuge; il me promet payer comptant mon gouvernement et même m'en donner à l'avenir un plus I considérable. Mais faire cela, c'est penser à mon profit et à votre perte; c'est faire mes affaires par la ruine des vôtres, me mettre en faveur auprès du roi, de la reine, de Mazarin, et vous, en disgrâce au* près de toute la France, dont les armes venant à bref délai vous assiéger pour avoir le Mazarin, vous fei-aient périr avec lui. Je n'ai garde; Je vous aime mieux que tout l'or et l'argent, et je veux m'exposer à périr pour votre conservation. »

Celte scène de haute comédie, jouée avec un grand iplomb, eut tout le succès que le duc en attendait; le plifô grand nombre, ébloui par ce langage désintéressé, sentit renaître son ardeur passée et répondit par des cris ! (te dévouement au duc» « sans considération ni respect

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