DESOLATION DU LANGUEDOC
bleau des excès commis par ces soldats indisciplinés et , par leurs chefs, qui leur donnaient l'exemple de tous les ' désordres.
« Mgr l'évèque de Commingcs dit tout ce que les habitants du > cèse de Saint-Papoul ont eu à souffrir des huit compagnies du régîiii de Normandie, qui ont, à vivo force et par toutes sortes de violei; et de mauvais traitements, extorqué des sommes et des fournitures qui ne leur étaient point dues. A la suite de cette plainte, le sieur de La- ! mamye, syndic -général de la province, a dit que les lieux de Ville- , pinte, Montréol, Fanjeaux, Trèbes, La Grasse, Villesèque, La Bastidelisparrenques, Villeneuve de Cliavimont, Cessinon, Olonzac, Oagne, Saint-Chinian, SaintPons et autres villes de cette province, ont souffert et souffrent encore à présent, le logement des gens de guerre, tant de cavalerie que d'infanterie, qui ravagent et ruinent lesdites communautés, les contraignent à leur payer des sommes immenses par-dessus ce qui est porté par les règlements du roi, et qui plus est, violent les femmes, tuent les habitants. Le grand vicaire de Saint-Pons a dit aussi que le régiment de cavalerie de Pardaillan, composé de 4 compagnies, au lieu d'aller'loger à Azillanet, sou étape, aurait, sans ordre, logé par force à Oupian, au diocèse de Saint-Pons, ayant enfoncé une porte dudit lieu, démoli la maison des lépreux joignant icelle, battu, pillé et saccagé les habitants. »
Les plaintes étaient si vives que l'assemblée décida que l'on prendrait sur le don de 600,000 livres accordé au roi, les sommes nécessaires au dédommagement des communes qui avaient souffert par le logement des gens de guerre; c'était en quelque sorte forcer l'administration à s'occuper de ces pauvres provinces, à user de son autorité pour réprimer ces violences. Malgré ces mesures, malgré les réclamations les plus vives, ces désordres durèrent jusqu'à la fin de 103 i, et ne diminuèrent que sur la déclaration formelle des États, qu'on ne voterait aucune imposition, qu'on n'accorderait le don gratuit de chaque année qu'après le renvoi des troupes.
Voir l'Aependice du chapitre XIII, p. 556.