‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 339 sur 503 · S0 PRISE ET REPRISE · texte numérisé non relu

S0 PRISE ET REPRISE

suite sur le faubourg du Sud, taille en pièces le corps des Espagnols, tue ou prend environ 3,000 ennemis « avec de très-amples et riches dépouilles. » L'ardeur du pillage, qui entraînait les troupes royales, faillit compromettre le succès de la journée: Turenne eut la pins grande peine à faire sortir ses soldais des maisons qu'ils dévalisaient. Celte journée valut au vainqueur la confiance de Mazarin, qui le nomma seul chef de l'armée royale et renvoya d'Hocquincourt dans son gouvernement de Péronne. Libre de ses mouvements, Turenne va s'établir à Etréchy, puis à Palaiseau, et fait occuper Saint-Denis.

L'inquiétude est au comble dans Paris ; on ferme les boutiques, le peuple se répand dans les rues en criant : La paix ou la guerre! nous ne voulons plus languir ainsi t on insulte d'une même voix Mazarin, Parlement, hôtel de ville et princes. Condé changea de visage en entendant les paroles injurieuses prononcées contre lui, quand il traversait la foule pour se rendre au palais (10 mai). Il fallait se relever : le lendemain on apprend qu'une partie des troupes du roi, cantonnées à Saint- Germain, viennent pour s'emparer du pont de Saint- Gloud. Condé alors, après avoir averti le Parlement, monte à cheval avec les gentilshommes qui lui sont attachés en criant : < Qui m'aime me suive. Allons batlre lesMazarinsI » 10,000bourgeois sejoignentaluietaM.de B jiufort pour aller défendre le pont, mais déjà la garni- 8 m dJ Saint-Cloud avait repoussé l'attaque. Condé, ne veut pas rentrer sans avoir fait quelque exploit qui flalte les Parisiens et montre en même temps à la cour l'autorité dont il jouit sur les bourgeois, qu'il peut mener à son gré aux combats; il tourne vers Saint-Denis et l'emporte sur les 300 Suisses du roi, qu'il emmène pri-

Page 1