‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 340 sur 503 · DE SAINT-DENIS · texte numérisé non relu

DE SAINT-DENIS

sonniers à Paris. Mais le lendemain mt^me Saint-Denis ('tait repris par les troupes royales aidées des habitants, que le pillage des partisans de Gondé avait effrayés *.

Cependant Mazarin s'aperçut bientôt qn'on était dans une mauvaise voie, que la violation du traité conclu pour la sauvegarde des environs de Paris ne faisait qu'irriter ses ennemis, et qu'en laissant la violence au parti des princes, la crainte des excès de la canaille lui ouvrirait mieux les portes de la ville que ses propres troupes. Il renouvelle la convention protectrice de la capitale, et immédiatement la course porte de Saint-Germain à Gorbeil et à Melun, tandis que Turenne, dont l'armée s'était fortifiée de milices venues des frontières, entreprenait le siège d'Étampes, qui renfermait toutes les forces de Gondé en deçà de la Loire. Tavannes, comprenant l'importance de cette place, n'avait reculé devant aucune mesure énergique : tous les édiûces près des murs avaient été rasés, les faubourgs incendiés à deux reprises pour ne pas offrir le moindre abri à l'armée royale; et les habitants, même les plus notables, travaillaient à terrasser !cs murailles, à faire des retranchements, corvées dont on ne pouvait se racheter qu'à force d'argent.

Les affaires de Saint-Gloud et de Saint-Denis avaient montré à Gondé quelle estime il pouvait faire de ses alliés les Parisiens. En réalité il manquait de soldats: à part quelques bonnes troupes des régiments de Languedoc ou

1. MM. Leroux de Lincy et Douët d'Arcq ont trouvé aux Archives un manuscrit curieux : Extrait du livre des choses mémorables de l'abbaye de Saint-Denis pour l'année 1649 et suivantes, qui donne les détails les plus précis sur cette double affaire de Saint-Denis, les dangers que courut la royale abbaye, où il y eut deux fois commencement d'incendie, et les outrages et violences qu'éprouvèrent habitants et religieux, etc., ils l'ont publié à la iin des Registres de l'hôtel de ville de Paris pendant la Fronde, t. 111, p. 836-403.

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