‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 343 sur 503 · S4 CHARLES DE LORRAINE · texte numérisé non relu

S4 CHARLES DE LORRAINE

soriers royaux pour une .armée qui se nourrissait aux dépens du pays, pendant qu'il traite avec le parti des princes. Le doute commençait cependant à gagner la cour lorsque, après un mois de tergiversations, de conférences, Cliarles jette le masque, se déclare pour les princes et propose de marcher au secours d'Étampes. Un billet de Turenne au cardinal, intercepté par le duc de Lorrain* mit peut-être fin à ses hésitations en faveur des princes. « J'ai mis si bon ordre à tout, disait le grand capitaine, et tellement bouché les avenues, que S. A. de Lorraine, prudente comme elle est, ne se hasardera jamais à vouloir passer la Marne. » Piqué au vif, le Lorrain écrivit sur le dos de la lettre : « M. de Lorraine passera en dépit de tout le monde, » et renvoyant le courrier, il franchit le fleuve à gué et dirige son armée sur la Brie; puis laissant là ses troupes, il entre à cheval dans Paris le 2 juin, à dix heures du soir, entre Gaston et Condé qui étaient accourus au-devant de lui comme le t salut du parti. »

M. d'Haussonville, grâce à des documents empruntés aux archives des afi'aires étrangères, nous a guidé dans les dédales de celte intrigue du Lorrain; mais il nous abandonne tout à coup et ne dit rien de l'attitude de la cour devant ce manque de foi solennel. Nous avons eu riieureuse fortune de trouver des documents qai complètent son récit. Il était difficile à Mazarin d'avouer qu'il a été dupé jusqu'au dernier instant, que c'était lui qui, par sa crédulité, avait mené comme par la main à travers tout le royaume les troupes lorraines; d'un autre côté, se fâcher trop fort, c'était peut-être rompre tout à fait avec un chef mobile, capricieux, et qui pouvait revenir un peu plus tard; cependant il fallait prendre des précautions contre le mauvais vouloir déclaré de cet an-

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