‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 347 sur 503 · B9 SOUFFRANCES · texte numérisé non relu

B9 SOUFFRANCES

chacun de ses soldats avait un diable au corps, et que eej diable, à la vue du pillage, se multipliait en trois ou quatre, qu'il était dès lors impossible de dompter; » puig «0 rire de sa bonne plaisanterie. Les villes près des- 1 quelles il passait, quoique ruinées, affamées, étaient obli- : gées de fournir des rations de pain pour le soi-disant allié; '■ Reims dut trouver le 10 mai 6,000 rations de pain pour l'avant-garde, et il fallut encore en donner lorsque l*ar»j mée décampa le 19; on peut se figurer ce que le duc en exigea alors que sa troupe au grand complet s'élevait à 3,000 fantassins, 4,500 cavaliers. Ces fournitures avaient épuisé le reste des ressources du pays :

« Avant la fin de juin, sans attendre la complète maturité des grains, les paysans de ces contrées étaient réduits, par la nécessité, à couper: les blés verts, à les faire sécher au four pour en faire da pain. Cet aliment cru et indigeste, dit le Manuscrit, amena de nombreuses maladies. Pour conserver le peu de céréales qu'on laissait mûrir, Reiras leva, au prix de 50,000 livres, une milice de cent cavaliers et d'autant de fusiliers; retendue du pays qu'ils devaient garder commençait à Dontrien et finissait à Neuchâtel et à Pont-à-Verd, et pour plus de sûreté contre les fourrageurs lorrains, on rompit tous les ponts de It Vesle. Cette mesure de désespoir n'arrêta pas longtemps les pillards, qui rétablirent celui de Maco, et parurent à l'entrée du faubourg de Vesle; mais ils n'osèrent s'engager lorsqu'ils entendirent sonner 1« tocsin ; ils parvinrent cependant à s'emparer de douze vaches et trois •lievaux qu'ils emmenèrent. Pour prévenir le retour de pareils maux, ou demanda à son de trompe, dans les places publiques, des hommes de bonne volonté qu'on organisait en troupes pour la garde des moissons; il s'en présenta environ 1,200 (dit la Gazette) auxquels on assigna des cantons particuliers. ■

Peu de villes se défendirent aussi énergiquement que Reims le fit plusieurs fois dans la Fronde; ailleurs on se laissait aller aux plaintes et aux récriminations, surtout lorsqu'on voyait que les oppresseurs étaient les armées royales :

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