‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 346 sur 503 · DES TROUPES LORRAINES · texte numérisé non relu

DES TROUPES LORRAINES

rciiJs rien *. » Jamais soldats ne suivirent mieux la consigne de leur chef: de temps en temps des fourgons, rem- ' plis du butin que les bandits ont pu arracher, s'en vont en Lorraine mettre en sûreté leurs rapines et les nombreux troupeaux qu'ils traînent derrière eux. A leur arrivée • à Paris, pour se débarrasser, ils les vendent à vil prix, ou les troquent contre les plus légères frivolités. Mais où trouver ce butin dans ces villages déjà tant de fois pillés,, dont les habitants sont « nus au milieu des rigueurs de i'hiver, » dans ces villes qui ne comptent plus que des nu iidiants et des vagabonds t languissant de froid et de faim sur le pavé des rues où ils passent la nuit, » dans ces « granges publiques, » sous ces hangars où la pitié k > recueille, car « les hôpitaux et les bourgeois ne peuvent les abriter tous? » Qu'arracher à des gens qu'on voyait réduits à manger a du pain de son, des herbages, (h s limaçons, le sang des bœufs qu'ils faisaient cuire, des chiens, des chats, » des gens qui, à Reims, s'étouffaient lorsque les pères Minimes et les missionnaires de M.Vincent leur faisaient une maigre distribution?

« Le Lorrain insatiable, dit la Chronique champenoise, s'attaquait aux châteaux et aux lieux de refuge; ne trouvant plus rien dans les villages, il mit le feu à Sept-Sous, à Xogent-l'Abbesse, aux faubourgs de Saint-Eloi, Lude, Saint-Baie, Saint-Thierry, les Marest, Ballieux ; tout fut généralement pillé, sans exception, sans distinction, le fermier aussi bien que le gentilhomme. Quelques-uns de ces derniers réclamaient-ils, de noble à noble, contre ce traitement qui les confondait avec le vilain, le jovial guerrier répondait cavalièrement à ces plaintes « que

1. Archives des affaires étraogères, Mémoire de Villarceaux au cardiual, aptid Haussoaville.

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