‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 38 sur 503 · DU BOURBONNAIS · texte numérisé non relu

DU BOURBONNAIS

Champagne et de leur donner à chacun 20 écus; en octobre 1638, ordre du roi de nommer deux habitants chargés de recueilhr denrées et vivres pour fournir aux gens de guerre qui passeront ou feront quartier d'hiver en ce lieu, et tenir prôls pour mettre en magasin les vivres, soit blé, froment, seigle, vin, avoine et foin. Nous verrons plus loin qu'il en était de même dans le bailliage de Sens par un « Mémoire des plaintes et doléances que font les habitants de la paroisse de Montacher (près de Sens), des foules, surcharges, logements des gens de guerre, tailles et autres choses qu'ils ont euz depuis dixhuit ans en ça (1643-16ol) *. Avant 1648, le maire de Châtellerault et le conseiller assesseur criminel, quoique âgés de plus de soixante-dix ans, avaient été emprisonnés plusieurs fois par les financiers pour les dettes de la ville qui, en 1648, s'élevaient à 200,000 livres, somme énorme pour l'époque, et surtout dans une ville qui n'avait aucun moyen d'y faire face 2.

Comme il faut se limiter dans un sujet aussi vaste, nous ne nous appesantirons pas plus longtemps sur les malheurs qu'amenait la guerre, pour les pays qui en étaient le théâtre permanent ou pour ceux que l'appareil de la guerre né faisait que traverser.

Impossible d'obtenir taille ou impôt quelconque de tous les malheureux qu'écrasaient à l'envi les soldats français et étrangers; il fallait donc faire retomber le poids si lourd des charges sur les autres provinces; les témoignages accusateurs des ruines accumulées sur tous les points de la France par les exactions tiscales ne sont

1. Mémoire publié par l'abbé Prunier dans le Bulletin archéologique de Sens, t. VI, p. 90. 1858.

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