‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 391 sur 503 · EN FAVEUR DE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

EN FAVEUR DE LA ROYAUTÉ

devoir expliquer en faveur du mouvement le silence du clergé, que le peuple de Paiis ne pouvait manquer de remarquer et peut-être d'interpréter d'une manière fâcheuse pour les intérêts des ennemis de Mazarin. Le passage est significatif : t Je sais bon gré à nos prédicateurs de ne s'être point encore (le pamphlet est du 22 mars 1649) ingérés d'animer le peuple à la juste guerre où il s'est embarqué de lui-môme par une légitime défensive. Et de vérité, il ne fallait pas de consultation ni d'exhortation où il n'y avait pas de doute. » {Manuel du bon citoyen.) Quel aveu plus formel peut-on désirer?... La neutralité, le silence, dans de pareilles circonstances, équivalent à une adhésion que la peur seule peut arrêter ou retarder. Le 23 avril, à la suite de la paix de Ruel, les curés de Paris, € nonobstant la froideur de M. le Coadjuteur, » se décident à envoyer une députation de douze membres à Saint-Germain; le curé de Saint-Paul en mène six dans son carrosse et celui de Saint-Gervais en fait autant; le doyen d'âge, curé de Saint-Landry, porte la parole. Le 3 juin, à un salut du Saint-Sacrement pour la Fête-Dieu, ians l'égli'ïe Saint-Eustache, on va jusqu'à étaler les armes de Mazarin sur des ornements de la fête; pour ftrrêter les murmures et l'émotion menaçante du peuple, tm prêtre n'a que le temps de faire disparaître ces malencontreuses armoiries. Il nous serait facile de multiplier ces extraits de Dubuisson à toutes les époques de |a Fronde. Qui compose le brillant cortège de Mazarin à ion retour d'exil, lorsqu'il va trouver la cour à Poitiers? tous les prélats de l'ouest et du centre de la France. ' Le mouvement fut encore plus prononcé lorsqu'on eut i^ussi à rapprocher, par l'espoir du chapeau rouge, le Coadjuteur Paul de Gondy et Mazarin : une lettre de ce

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dernier, que nous avons déjà citée (12 avril 1652) à l'occasion de l'arrivée de Condé à Paris, marque le plus grand accord entre les deux Éminences, et Mazarin prie de Retz de faire t prêcher dans Paris et d'obliger ses amis à parler pour le service du roi. » Les désirs de Mazarin sont des ordres : le 20 avril, à l'assemblée de l'hôtel de ville, M. de Combes, doyen de Notre-Dame et député du chapitre, t fait un long et beau discours disant qu'étant ecclésiastique, il frémissait d'horreur d'ouïr dire que deux armées chrétiennes, toutes deux françaises, fussent en présence, au cœur du royaume,à commettre toutes sortes d'excès et d'hostilités à la ruine du roi et de son Etat, et aux mains l'une contre l'autre répandant le sang qui devait être réservé pour une bonne guerre > et il concluait avec l'abbé Prévôt, que nous retrouverons bientôt à la tête des menées royalistes, en demandant t que le roi fût très-humblement supplié de retourner en sa bonne ville de Paris, et qu'à cet effet les princes y contribuassent en mettant les armes bas. » De Mazarin, nullement question, on le voit. Dès lors ce ne sont plus que pamphlets ayant un cachet tout clérical : la Vérité toute nue, la Pièce de Pontoise et l'Esprit de paix, dûs tous trois à la plume du cordelier François Faure, plus tard évoque d'Amiens, et dont le dernier, daté du 25 juin, fit une si grande sensation dans VdiVis^ ; Exhortations aux Parisiens^ Avis aux Parisiens^ Hymnes à sainte Geneviève^ par Godeau, évêque de Vence et de Grasse ; processions des châsses de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain des | Prés dans les rues de Paris, spectacle destiné à agir; fortement sur l'esprit du peuple et à l'incliner à la paix;

1. Voir cette dernière pièce dans le Choix des mazarinades, par M. Moreau et U Gazette no 71^ année idôi, pour les descentes de cbasi». .

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