INFLUENCE DU CLERGÉ SOUS LOUIS XIV
dans Paris, et dont la Gazette de Renan dot, par le silence prudent qu'elle garde sur les événements de l'hôtel de ville, peut donner une idée. Quand on songe à la haine persévérante dont Louis XIV poursuivit tout ce qui avait tenu de près ou de loin à la Fronde, il semble, qu'à part l'éducation toute catholique que lui donna sa mère Anne d'Autriche*, l'influence immense qu'eut le clergé sous le règne de Louis XIV pourrait bien avoir eu pour motif l'appui réel que ce corps avait donné au prince pendant les troubles de sa minorité.
1. On trouve à la bibliothèque impériale (cabinet des estampes) de ■ nombreuses gravures représentant les actes de dévotion du jeune roi avec sa mère, les prières de consécration à la Vierge, le renouvellement de cette consécration à l'époque de la majorité de Louis XIV. Une autre gravure donne une idée de la rancune de Louis XIV contre la Fronde ! c'est la représentation de la statue que Louis XIV fit élever dans la cour de l'hôtel de ville, à la date du 4 juillet 1633 pour la fête expiatoire de l'attentat contre la municipalité parisienne. La statue eu marbre représentait Louis en demi-dieu, un foudre à la main ; un de ses pieds terrasun esclave qui tient encore le flambeau de la discorde, mais renveri- ; et éteint; la tête est un peu pendante hors du piédestal (c'était la Froadc ou le prince de Coudé); l'autre pied marche sur un vaisseau renversé: ce sont les armes de Paris vaincu. Cette statue infamante resta trentequatre ans dans la cour, jusqu'au 30 janvier 1687 : Louis XIV étant venu à Notre-Dame rendre grâce à Dieu du recouvrement de sa santé après une maladie dangereuse, dina à l'hôtel de ville et accorda au prévôt des marchands la permission de transporter cette statue dans sa maison de campagne (à Chessy en Brie); mais comme il fallait à Louis XIV un autre monument de gloire, on remplaça cette statue par une autre en bronze, ouvrage de Coysevox, où il était représenté triomphant de l'hérésie par la révocation de l'édit de Nantes.
Voir l'Appendice du chapitre XVI, p. 560.