‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 396 sur 503 · DANS PARIS · texte numérisé non relu

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qu'il paye à ses assassins. » Les simples particuliers mêmes n'étaient pas à l'abri de ces exigences. « Au sieur Courtois, prêtre sacristain de la paroisse de Saint-Gervais, un filou s'adresse à l'heure qu'il n'y avait plus personne en l'église, et lui demande 20 pistoles, autrement qu'il n'était rien de sa vie. >»

Peu à peu cependant quelques membres du Parlement étaient venus se joindre à ce simulacre de cour souveraine; de son côté, la cour, voyant Paris au pouvoir des princes et l'archiduc prêt à entrer en France avec les Espagnols, se résolut, par un grand effort, à offrir positivement ce qu'un mois auparavant elle présentait comme une simple possibilité : le roi et la reine se décidaient, sur les instances de Mazarin, à le laisser se retirer, « aussitôt qu'à Paris les ordres seraient donnés pour l'exécution de ce qui devait rétablir le calme dans le royaume.»

Le peuple, crédule dans ses espérances, parce qu'il est toujours en dehors des intrigues des partis, prit naïvement cette déclaration pour les préliminaires d'une paix sérieuse, et la joie se répandit dans Paris; mais Condé le détrompa promptement : il ne voulait pas de paix, à moins d'avantages exorbitants pour lui et les principaux complices de sa révolte. Le cardinal eût peut-être cédé, si le prince eût consenti à ce que l'exil de Mazarin se changeât en mission d'aller traiter de la paix avec l'Espagne : mission importante dont le succès eût rétabli en grâce Mazarin, auteur de cette paix que tous désiraient; mais pour cette même raison d'influence, Condé voulait se réserver ce rôle de pacificateur général, qui aurait justifié sa coupable liaison avec les Espagnols*. Aussi la négociation échoua : Condé n'avait donc plus qu'à rendre les promesses du roi suspectes; c'est ce qu'il fit dans la séance

1. Une curieuse lettre de Mazarin (7 mai 1652) explique ces démêlés.

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