CONDÉ, MAITRE ABSOLU
appointement, ils trouvèrent les bancs à moitié vides*; 80 conseillers, mais pas un seul président, pas un seul des gens du roi, presque tous avaient quitté la villt» avec les principaux bourgeois. Malgré leur victoire, les princes n'avaient donc pour Parlement qu'un corps mutilé, dont on pouvait facilement contester les actes; l'effet de celte désertion fut tel que le duc d'Orléans crut devoir se disculper de la journée de l'hôtel de ville, en témoigna ses regrets, et demanda le procès des coupables. Condé et de Beaufort ne s'associèrent pas à cette protestation.
«Dès le 7, dit Dubuisson, ordonnance du duc d'Orléans affichée dans Paris, portant que « tous boulangers aient incessamment à faire du pain, en sorte que la ville n'en manque point, » et pour venir en aide à cette ordonnance, on pose des moulins à bras pour la commodité publique, au cimetière Saint-Jean, dans l'enclos des Petits-Augustins du faubourg Saint Germain, où un cheval fait moudre un setier de blé par heure et gratis... A la suite de ces mesures, on vit le pain s'amender un peu à Paris, où le petit pain s'est vendu jusqu'à 20 et 24 sols la livre, le gros pain 12 sols, le beurre commun jusqu'à 18 et 20 sols la livre ; le quarteron de vieux œufs, 25 sols, les frais, 3 sols pièce ; le lait, 5 sols la pinte. »
Mais à côté de cette amélioration que constate le journal de Dubuisson, il enregistre des faits qui prouvent que la situation au fond n'avait que peu changé : c'étaient toujours les mêmes ravages, les mêmes abus de la force, et l'insécurité dans les relations ordinaires de la vie.
« Le 25 juillet, le secrétaire du maréchal de l'Hôpital, arrêté dans la rue de la Boucherie, au faubourg Saint-Germain , mené dans une écorcherie, est contraint pour sauver sa vie d'envoyer quérir 1,000 écus
1. En vain Gaston s'était rendu de sa personne chez les principaux parlementaires; son entrevue avec la femme de Charton caractétist très-bien l'effioi qui régnait dans Paris : elle lui demanda « si c'était donc qu'il voulût absolument la mort de son mari, et que n'ayant pas été tué à l'hôtel de ville, Charton dût aller au Palais pour se faire assassiner. » Elle ajouta « qu'elle ne le laisserait sortir de sa maison que si Son Altesse lui envoyait M. de Valois (son fils) en otage. »