‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 402 sur 503 · LETTRE DE VINCENT DE PAUL · texte numérisé non relu

LETTRE DE VINCENT DE PAUL

envoie celle longue lettre dont la copie authentique se trouve aux Archives de la Mission.

il septembre 1C5X Monseigneur,

Je me donne la confiance d'écrire à V. Em. Je la supplie de l'avoir agréable, et que je lui dise que je vois maintenant la ville de Paris revenue de l'état auquel elle était, et demander le roi et la reine à cor et \ cris; que je ne vas en aucun lieu et ne vois personne qui ne me tienne le même discours. Il n y a pas jusqu'aux Dames de la Charité, qui sont des premières de Paris, qui ne me disent que si LL. MM. s'approchent, qu'elles iront un régiment de dames les recevoir en triomphe. Et selon cela. Mer, je pense que V. Em. fera un acte digne de sa bonté de conseiller au roi et à la reine de revenir prendre possession de leur ville et des coeurs de Paris. Mais pour ce qu'il y a beaucoup de choses à dire contre cela, voici les difficultés qui me semblent les plus considérables, et la réponse que j'y fais, et que je supplie très-humblement V. Em. de lire et de considérer.

La première est qu'encore qu'il y ait plusieurs bonnes âmes dans Paris, et quantité de bourgeois qui soient dans le sentiment que je dis, il y en a toutefois quantité d'autres qui sont de sentiment contraire, et d'autres qui sont entre deux. A quoi je réponds, MK"", que je ne pense pas qu'il y en ait que fort peu qui soient de sentiment contraire, an moins n'en connais-je pas un, et que les indifférents, s'il y en a, seront emportés par la multitude et la force de ceux qui ont de la clialear pour cela, qui est la plupart de Paris, si ce n'est peut-être ceux quij craindraient la touche % s'ils n'étaient rassurés par l'amnistie. !

Secondement, qu'il y a sujet de craindre que la présence des chefs du parti contraire fasse revenir la journée du Palais * et celle de la maiso;: \ de ville*; à quoi je réponds que l'un d'eux * sera ravi do cette oct;i pour se bien remettre avec le roi, et que l'autre ^ voyant Paris rcii..^ l'obéissance du roi, se soumettra, et de cela il n'en faut pas douter, je k| sais de bonne part.

En troisième lieu, quelques-uns pourront peut-être dire à V. Em. qu'il

Page 1