‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 411 sur 503 · SUR LES ENVIRONS DE PARIS · texte numérisé non relu

SUR LES ENVIRONS DE PARIS

•'il ne sVn conteiUo pas, donnez-lui davantage... S'il y a besoin de faire nlarclié pour procurer des vivres, faites-le ; écrivez à madame de Hei-se pour lui demander quelque pou d'argent pour aider ces pauvres gens à faire leur vendange... Je vous prie d'écrire toutes les semaines à M. le yrand vicaire ou à moi l'état des choses, et de n'épargner rien pour sauver la vie de ces braves gens. Il y aura des personnes de qualité qui, bientôt et souvent, iront pour voir comme vous vous comportea '. >•

Pour centraliser les dons de nature diverse que la bienfaisance envoyait, un homme eut l'idée d'établir deux magasins généraux; on allait avec des chariots de maison en maison recueillir les offrandes. Abelly, le premier historien de saint Vincent, nous a conservé le nom de ce pieux laïiiue, et nous avons été surpris de ne pas le retrouver dans le plus récent biographe de saint Vincent de Paul, M. l'abbé Maynard; il s'appelait Duplessis-Montbard. De longues recherches nous ont permis de trouver quelques détails sur ce bienfaiteur oublié. Christophe Duplessis, baron de Montbard, était conseiller du roi en ses conseils d'Etat et privé; Courtepée (Description du duché de Bourgogne) le cite comme un des bienfaiteurs de l'hôpital de Montbard ; en 1GG2, un Etat au vrai des revenus de l' Hôtel- Dieu de Paris nous le montre comme directeur de cet hôpital. On voit, d'après ces quelques renseignements, qu'il a dû prendre nécessairement une grande part à tout

1, Cent lettres tirées de la correspondance de saint Vincent de Paul pourraient montrer avec quel discernement il faisait la charité, quelles précautions il prenait pour ne secourir que de véritables indigents, quelle que fût sa confiance dans ceux qui faisaient une recommandation ; nous n'en donnerons qu'une empruntée aux belles collections d'autofjraphe.^ de M. Laverdet (catalogue du 31 janvier 1854). « Au frère Jean Parre, à Saint-Quentin, 6 septembre 1639. — M. de La Haye, doyen de Noyon, a recommandé, pour les secours à distribuer, un pauvre geutilhoranio nommé M. de la Sablonnière, disant qu'il a été ruiné par le camp volant établi à Miremonl, qui lui a pris ses bestiaux et ses meubles, et dissipé ECS blés : «Savoir, pour en informer les Dames de la charité, si cela es-t « vrai? S'il ne reste rien à ce pauvre gentilhomme pour se remettre ai a pour subsister? S'il a des enfants et combien? eic. i>

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ce mouvement charitable; c'est donc un nom de plus à inscrire dans les annales de la charité, si peu remplies. Les deux magasins étaient situés ; l'un dans la maison de M"" de Bretonvilliers, à la pointe de l'île St-Louis, trèscommode pour les envois et pour la charge des bateaux qui devaient porter les secours du côté de Villeneuve- Saint-Georges, Lagny, etc. ; l'autre à l'hôtel deMandosso, près l'hôtel de Bourgogne, pour tous les lieux voisins de Goncsse.

Il fallait tenir le public au courant du résultat de cette organisation; on le fit par une nouvelle publication : le Magasin charitable (27 pages), publiée à la fin de janvier 1653; mais nous n'en avons trouvé qu'un numéro. L'auteur du rapport commence par prévenir le public que l'on n'a pu comprendre dans ce travail toute l'étendue du diocèse, mais simplement les « lieux entièrement ruinés par la guerre, et oii l'on a vu des excès de misères, une désolation extrême; » on n'a pas tenu compte non plus de quelques « stations particulières et passagères, trèsutiles cependant, puisque, dans quelques-unes, plus de 150 malades ou nécessiteux ont été soignés pendant six semaines ou deux mois * par des personnes de piété do l'un et de l'autre sexe.

Une poignée d'hommes, vrai bataillon sacré, animés d'un saint zèle et d'une grande ardeur, vont se répartir dans toutes ces stations; ils appartiennent à .lifférents

1. Il y en eut de ce genre une pour Villeneuve le Roi, Orly, Mons, Alhis,Ablon,Choisy,Thiais; une autre pour rirosbois,Villecrène,Mauldre et Serrayj d'autres à Fontenay aux Roses, Varcnnes, Villejuif, Maisons, Andrezel; une autre pour Huit-sols; une pour Noisy le Sec et Champs; une à Palaiseau; on assista encore ainsi les pauvres de Boissy le Sec, Laclas, Fontaine, Boissy, Guillerval, Dorm.iy, Morigny, Champigny, Petit- Salnl-Marc, Brières, ce qui coûtait par semaiue un peu plus de 100 écu».

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