LE MAGASIN CHARITABLE
corps, mais le même chef les dirige, donne les instructions : cet homme c'est toujours M. Vincent. « La conduite des missionnaires de M.Yincentqui ont beaucoup d'expérience a servi de modèle pour presque toutes les stations, » et sur ce nouveau champ de bataille oîi la faim, la peste frappciil des coups si redoutables et si fréquents, plus d'un soldai de cette armée de miséricorde trouvera la mort; quant i nous, nous ne pouvons assez admirer cette chrétienne el patriotique intrépidité d'hommes vivant nuit et jour au milieu des pestiférés el des morts, bravant l'infection sous toutes formes pour soulager les dernières an goisscs des infortunés.
A Corbeil, on ne trouve plus que six capucins; les autres sont morts ou très-malades. De Corbeil ils s'étendent aux villages d'Essonne, de Villabé, jusqu'à Lonjumeau etMonthléry. — « il y a toujours de 4 à SOO malades, » Le 19 décembre 16o2,il y en avait, d'après une relation très-exacte signée des Pères, 632, et 648 le 22 ; depuis le 15 janvier ils ont un peu diminué ; en outre, 168 orphelins et 156 nécessiteux, ce qui signifie, disentils, d'extrême nécessité. La station de Lagny est occupée par trois Pères de la Mission, qui gardent encore Etampes, où nous avons déjà vu leur admirable dévouement, ainsi qu'à Juvisy le pieux élan des Récollets; de là ils parcourent Viry, Orangis, Grigny, Fleury, etc. A la station de Lagny on compte 180 malades, 89 orphelins, 450 nécessiteux; dans un des villages de celte station, à Chessy, il n'y a plus d'habitants; à Juvisy on compte 150 malades, 70 orphelins, 150 nécessiteux.
A Villeneuve Saint-Georges, ce sont les prêtres du séminaire de Saint-Nicolas qui viennent en aide aux malheureux. Le bulletin de la misère porte 78 malades.
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39 orphelins, 63 nécessiteux; la station de niie, desservie par les Picpus, s'occupe de 189 malades, 57 orphelins, 13 convalescents et 87 nécessiteux. Les Carmes déchaussés se sont établis à Tournan et ont à soigner 127 malades, 64 orphelins, 90 nécessiteux. La station de Gonesse est une des plus maltraitées; cette ville, grenier de Paris au commencement de la Fronde, avec son fameux € pain de Gonesse • a-t-elle payé par un redoublement de misère ce fatal privilège? Quelle que soit la cause, on y trouve 245 malades, 5 orphelins; mais en revanche « les nécessiteux sont en si grand nombre que l'on n'a pu en dresser de rôle, faute de fonds pour subvenir à leurs besoins; il y a autant de nécessiteux que de vivants, puisque la misère est universelle. » Ce sont les Jacobins réformés qui s'en occupent, ainsi que de la station de Luzarches, où ils ont 140 malades et e des nécessiteux sans nombre par la ruine universelle de ce canton. » A la station de Saint-Denis, on retrouve les Pères Récollets, qui n'ont pas moins de 110 nécessiteux, 116 malades et 45 orphelins; au mont Valérien, ce sont les ecclésiastiques du séminaire de M. Charpentier : 229 malades, 77 orphelins ; « nécessiteux en trop grand nombre pour les compter et les assister, on ne peut même secourir les convatescents. >
Presque à chaque station on trouve ces mots : « On aurait pu plus facilement ajouter un tiers à chaque catégorie de malades et de nécessiteux, si on avait des fonds pour les soutenir. » Quant aux orphelins, on n'admet dans cette catégorie, si digne de pitié, puisque pour eux la misère doit durer longtemps, que « ceux qui sont âgés de moins de dix ans; les autres trouvent place, s'ils peuvent, parmi les nécessiteux. >