‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 424 sur 503 · C8 LE SIÈGE DE SEURRE · texte numérisé non relu

C8 LE SIÈGE DE SEURRE

Courtépée, Description générale du duché de Bourgogne; dom Plancher, Histoire de Bourgogne; et même Guillemot, Histoire de Seurre. Voici quelques détails plus précis qui feront mieux apprécier la situation :

« Le 23 mars 1652, messieurs les élus généraux des États de Bourgogne écrivirent à M. de Bielle, élu de la noblesse et député en cour, pour l'informer des nouveaux malheurs arrivés à la province : « Les ennemis (les partisans de Condé), disent les élus dans leur lettre, ayant brûlé entièrement quatorze villages au voisinage de Seurre (suivant un mémoire envoyé Ji la chambre des élus le jour d'hier), qui sont Pagny le Chastel, Pagny l'Église, La Bruyère, Chamblane, Toutenant, Longepierre, Jalanges, Saint- Georges, Chaselles, Mont, Chivre, Labergement le Duc, outre d'autres qu'ils ont brûlé depuis, ces boute-feux étant encore en campagne et continuant ces horribles dégâts, le tout ainsi qu'il a été mandé par orrf?-e exprès de Monseigneur le prince, que le commandant dudit Seurre a reçu de brûler toute la province,s'il Imétait possible. Ledit sieur de Bielle peut juger par ces incoodies auquel on n'apporte aucun empêchement, en quel état sera la province dans peu... joint à la grande disette et famine qui sont encore en cette province et qui font que tous les villages seront abandonnés et déserts... »

« Au mois de mars 1653, les élus de Bourgogne décrétèrent qu'un grand nombre de communes seraient déchargées de ce qu'elles di> vaient de leurs cotes de Tannée 1652, eu considération des passages et logements des gens de guerre. ' »

Dès 1651, la Bourgogne, sur les jetons qu'elle faisait frapper, se représente couchée à terre avec cette légende à Louis XIV : « Te stante^ resurgam. » Aux petits États, tenus à Beaune cette même année, le duc d'Épernon, si peu sensible aux maux de ses administrés, les reconnaît en disant : « Je sais l'état de la province, je sais la misère où elle est réduite; je sais qu'il y a grande disette j je sais les malheurs des particuliers; » et néanmoins ces communes épuisées et dévastées sont obligées, le 18 avril 16S3, par ordre de d'Épernon, de fournir 3,000 hommes avec des

1. Extrait inédit du registre des délibérations des élus de Bourgogne.

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