‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 423 sur 503 · AUTORISANT LA MARAUDE D'HOMMES. *C'J · texte numérisé non relu

AUTORISANT LA MARAUDE D'HOMMES. *C'J

cl.imeurs des mallieureux Champenois, mettre un terme aux succès (les rebelles et aux avantages qu'ils tiraient di» ces places frontières, en pénétrant dans le cœur du pays; on fut aidé par de nombreux avis des habitants chassés qui prévenaient des endroits faibles de ces places; leurs patriotiques mémoires se trouvent encore aux Archives. Si des frontières on se transporte au centre, c'est la même situation : le Berri, le Nivernais , le Bour* bonnais, le Périgord, la Saintonge, le Poitou, l'Anjou, la Touraine, l'Orléanais et la Beauce avaient aussi beaucoup à souffrir des marches et contre-marches des soldats. La guerre civile existait encore en Bourgogne et en Guienne; dans la première, une place tenait en échec toute la province : les partisans de Condé, chassés du château de Dijon*, s'étaient retirés à Bellcgarde ou Seurre, dont le voisinage de la Franche-Comté les mettait à portée des secours de l'Espagne. On ne saurait se figurer les maux qui résultèrent pour le pays du siège de cette petite ville en lisant les histoires générales : l'abbé

1. Dijon, quoique débarrassé des gens de guerre, est loin d'avoir retrouvé le calme et la prospérité : l'hôpital, qui regorge de malades, ae peut les contenir tous; des milliers d'autres encombrent la ville. Les membres du Parlement se chargent pour leur part de 500 (20 janvier 1652); Oû forme une chambre des pauvres, dont les conseils se tiennent le mardi et vendredi de chaque semaine, les autres sont remis à la ckarité des maisons religieuses et des séculiers aisés; mais bientôt, comme on ne trouve pas assez de bonne volonté, on a recours à une sorte de billet de logement, et ordre à ceux qui le recevront de nourrir les pauvres qui en étaient porteurs, sous des peines sévères. Des eon- •eiller» de la chambre des pauvres, à la tête desquels étaient Michel Minière et Pliilibert Delamarre, devaient entendre les plaintes des pauvres au sujet de ces billets, et en donner à ceux qui n'en auraient point eu; la ration fixée pour les pauvres était une livre et demie de pain et un potage. Le mal ne s'arrètant pas, Millotet, maire de Dijon, fit uno consultation des médecins, qui tous ont donné pour causes du fléau la misère et les immondices qui encombraient la ville (27 novembre 1G»2). Regist. ms. du Parlement de Dijon, t. 111, fo 821, fonds Serilly, 39i.

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