‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 428 sur 503 · DE L\ BOURGOGNE. 47S · texte numérisé non relu

DE L\ BOURGOGNE. 47S

\ radjudicatnire, on lit : • Ne pourra rapporter aucune l non-valeur, sinon après avoir fait prendre et vendre les i nioubles des collecteurs et ceux des principaux habitants, ( et fait deux prisonniers de chacune des dites villes, bourgs et villages, esquels il y aura douze habitants, et au-dessous de ce nombre un seul. » Ne croirait-on pas lire une ordonnance concernant ces malheureux curiales, ces collectexuSfesdaves de V empire romain ^\ l'époque de la plus triste décadence, transportée dans la Fronde par un énorme anachronisme?

En Guienne, la situation était beaucoup plus grave qu'en Bourgogne, et la cour avait bien plus à faire; mais la Fronde, vaincue à Paris malgré la présence de son chef Condé, et dans tout le reste de la France, pouvaitelle espérerse maintenir dans un coin isolé, sous la direction de chefs secondaires jaloux les uns des autres, et, l'occasion donnée, prêts pour la plupart à faire leur paix aux meilleures conditions? Nous insisterons moins longuement sur ce dernier épisode de la Fronde, d'abord parce qu'il est en tout le reflet, l'écho affaibli des événements de Paris : le duc d'Orléans à Bordeaux s'appelle le prince de Conti, Du Doignon ne ressemble pas mal à Charles de Lorraine j la faction populaire de Condé a nom VOrmée; les signes de ralliement, l'étendard blanc et ouge, figurent à la place de la paille et du papier. Les êmes scènes de désordre, de violence, plus graves enre peut-être, dans la capitale de la Gascogne que dans a première ville du royaume; puis ces scènes, suivies .'une vigoureuse réaction cléricale et bourgeoise, les deux larlementsde Paris et de Pontoise sont transportés à Bor- [deaux et à Agen. D'un autre côté, les soufi'rances du pays t été mieux constatées par les contemporains et même

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par un des principaux acteurs, l'auteur de l'Histoire de la guerre de Guienne^ au milieu des opérations militaires de marches, de sièges et de combats où se plaît l'immeur belliqueuse et gasconne de Balthazar. Selon une relation manuscrite de Saint-Sever, publiée par M. Pascal Duprat dans l'Histoire des villes de France, « il parlait toujours de tuer et de pendre, » et inspirait une telle terreur dans les Landes, que la superstition s'en mêlait et qu'on regardait l'intrépide général d'avant-garde des armées de Guienne * comme un magicien puissant et cruel. » La Gazette de Renaudot, rassurée par le succès du roi et l'éloignement des lieux, a retrouvé la voix et nous tient aussi plus au courant que lorsqu'il s'agissait d'événements au sein de Paris ou aux environs : deux histoires locales d'un grand mérite, les histoires de Bordeaux, par Dom Devienne, et celle de La Colonie, achèvent de dire ce que Balthazar ou la Gazette avaient laissé dans l'ombre, et tout récemment, M. Cousin vient de publier, avec les papiers si importants de Lenet, une très-savante et ti . palpitante histoire de la Fronde à Bordeaux, sous ce

1. Consulter l'excellente édition donnée en 1858 par M. C. Moreau; grâce à lui, on n'oubliera plus Guyonnet, conseiller au Pailcmeat de , Bordeaux, et faisant fonction d'intendant, qui «pilla et désespéra toute la campagne, » et qui donnait « par dérision aux assesseurs des quittances signées Bien pris; » de Cliambon, le terrible gouverneur de la Saintonge qui, en moins d'un mois, faisait crier tonte la province pour « ses persécutions et ses voleties » le capitaine Gaston, un des grands pillards de cette armée de pillards. — On lit dans la Oaselte : « Le» frondeurs étaient si redoutés qu'à la nouvelle du départ de la Meilleravo, vers la fin d'août 1652, pour aller au secours de Dunkerque, les habitants de Marennes, s'ils n'eussent été assurés qu'on ne les abandonnerait pas, ayaient résolu de quitter leurs maisons, dont ils avaient cependant transporté en lieu de sûreté les meilleurs meuble». — Au même temps nous voyons les six compagnies de l'Ormée, cantonnées au fort de la Bastide, faire impunément des courses dans tout le voisinage, et inspirer une terreur telle que, en plein jour, devant la porte du Chapeau rrnuje, il» se saisissent d'un bateau chargé de blé qui entrait dans BorJeaui. ■

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