‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 427 sur 503 · DETTES ÉNORMES · texte numérisé non relu

DETTES ÉNORMES

se mettre à l'abri de la Bourgogne. Plus encore, il nous semble, que le greffier de Brid'oison, les gens de finance de Louis XIV auraient dû s'appeler Doublemain.

Mais en voilà trop de ces récits que nous avons pris sans choix au milieu de cent autres aussi tristes; si l'on veut se rendre compte des ruines de la province *, qu'on en lise les longs budgets pour les années 16o5, 1656, lorsqu'il s'agit de réparer les désastres. Oa comprendra facilement, après avoir vu tous ces désordres dans une province pour une seule ville révoltée, l'immense désolation de la France entière, la ruine des villes, obligées d'emprunter pour fournir aux charges de la guerre; la seule ville de Beaune^, en 1664, élait endettée de 559,494 livres et n'avait aucune ressource pour les payer, comme le prouve l'édit de Colbert de 1667 pour autoriser les communes à rentrer dans leurs biens communaux, aliénés pour quelques-unes depuis 1620, moyennant remboursement du prix payé de bonne foi' par annuités dans l'espace de dix ans. Auxerre doit 85,772 livres; on fut aussi obligé de mettre ce recouvrement en adjudication, et parmi les charges imposées à

1. On consultera encore avec fruit les Jetons de la Bourgogne, par M. Rossignol et par M. de Frontenay, qui tous expriment l'idée de 1* misère profonde de la province; tantôt représentée couchée à terre, o'aHtres fois accablée de traits, etc.

2. Voir l'Histoire rie Beaune, par Rossignol, le savant archiviste de la Côte-d'Or, p. 408 et 409. Ou y trouvera encore des détails sur la misère de la Bourgogne que nous n'avons pu citer ; car il faut se tracer une limite, et peut-être le lecteur trouvera-t-il que nous ne l'avoM que trop souvent dépassée. |

3. Le préambule de cet édit était ainsi conçu : « Entre le? désordre» causés par la licence des guerres, la dissipation des biens des communautés (communes) a paru des pius grandes; elle a été d'autant pluil générale que les seigneurs et autres personnes puissantes se sont pré-j valus de la faiblesse des plus nécessiteux pour dépouiller les commit» nautés. »

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