‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 460 sur 503 · LE COMMERCE RETOMBE DANS LA STAGNATION · texte numérisé non relu

LE COMMERCE RETOMBE DANS LA STAGNATION

\vec la misère recommencent les désordres: en 1659, Ribemont reçoit encore des gens de guerre toujours aussi incommodes, a Les soldats ne laissaient pa? de se faire traiter et de gourmander leurs hôtes afin de les faire chanter et de plumer la poule sans crier ; au reste chacun sait le proverbe, ajoute le pauvre bénédictin, qui dit que personne n'est plus foulé que l'hôte et celui qui met la nappe. » Les plus tristes nouvelles arrivent du domaine; le maréchal de l'Hôpital écrit à Mazarin que tous les bois de la principauté de Châleau-Regnauld « sont abattus à blanc et qu'on n'y a pas laissé un seul baliveau ; » qu'au lieu de faire les coupes par six cents arpents et de bois de dix-huit ans, on a tout dévasté sans garder aucun ordre ; tout le revenu du domaine s'en va à rien, et cela par un procédé bien simple :

a En 1659, le major de Charleville et un officier de la garnison nommé Coulteau se sont rendus adjudicataires des sous-fermes du domaine dans les cinq villaf,'es de la principauté de Charleville; un habitant enchérissant sur ces officiers de deux cents livres pour une des moindres sous-fermes, aussitôt que le pauvre homme fut arrivé chez lui, ils lui envoyèrent des soldats de la garnison vivre à discrétion, qui le battirent fort bien et lui enlevèrent tout son lard et sa bière, ce qui épouvanta tellement les autres qui étaient dans le dessein d'enchérir qu'ils abandonnèrent au major et à l'officier les sous-fermes : le paysan fut même obligé de se départir de son adjudication *. »

Le commerce, qui avait repris un instant, retomba dans les catastrophes et la stagnation.

« Les marchands ne parlent plus ici que de banqueroutes; outre M. Cramoisy le libraire, le roi de la rue Saint-Jacques, dont la banqueroute est de plus de 400,000 livres (environ 1,200,000 de nos jours), il y en a eu ici trois grandes depuishuil jours, une autre hier; on parle encore d'un nommé Leblanc et de quelques autres levioris urmatwm.

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