REVOLTES EN FRANCE
qui en 1867 n'avait coûté que 12 livres 9 sous l'hectolitre, valal pou le moins 17 livres, s'éleva à 19 livres 4 fOus et dans quelques province au delà encore, ramenèrent promptement la peste qui sous l'ancien régime monarchique n'était jamais bien loin; elle sévit rigoureusement depuis le printemps jusqu'à la fin de l'automne *.
Cette misère amena des mouvements ou des révoltes : déjà l'historien en rencontre en 1654 et 1655 dans le Berri, sous l'impulsion d'un couvreur nommé Crochet. Une nouvelle éclate en Sologne (1658), un des pays les plus misérables de la France. Pour vivre, ils sont réduits à imiter leurs oppresseurs, à faire des courses dans les provinces limitrophes; ils vont jusqu'à trois lieues de Chartres, et, le 5 juin, les registres capitulaires de celte ville nous parlent
« d'un guetteur chargé de faire le guet nuit et jour pour avertir de l'arrivée des pauvres insurgés : ils étaient au nombre de 7,000 hommes et avaient 500 chevaux sous la direction d'un officier de l'armée. On chargea le vice-bailli de Chartres d'aller réprimer cette rébellion ; mais, trop faible, il fut obligé de se retirer dans le château de Sully, où les sabotiers de Sologne le tinrent assiégé lui et ses archers, et bouchèrent si bien toutes les avenues qu'il ne pouvait lui venir ni provisions, ni secours. «On dit, ajoute Guy Patin, que ce désordre irait bien loin, s'ils avaient un chef de remarque... Il y a aussi du bruit en Normandie *. » Les financiers sont des poux maigres qui s'engraissent de la substance des pauvres. Il y a grand bruit à Orléans : la populace et les faubourgs sont émus, et malgré toute la force de la ville, et nonobstant la présence du duc d'Orléans qui s'en est sauvé, ils ont pillé trois bateaux chargés de sel. On dit que ce mal ira bien loin et s'agrandira fort... le bruit et le désordre continuent dans Orléans, les dernières lettres portent qu'on y a pillé jusqu'à sept bateaux de sel... On recom mence à parler de quelques mouvements de la noblesse en Normandie, Poitou, SaintoQge et Bretagne, lesquelles jointes ensemble peuvent faire un parti considérable. »
1. Histoire des pestes et des épidémies^ par le docteur anglais Edw. Baacome, 1851.
2. Histoire de Chartres, par de Lepinois. — Chartres était ellemême accablée d'impôts, dit le même historien. (Lettre de Guy Patin^ ISjuin.)