‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 465 sur 503 · NOUVELLE PUBLICITÉ CHARITABLE · texte numérisé non relu

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savant auteur de l'Administration de Colbert a le premier trouvés et publiés. Le traité des Pyrénées, signé le 7 novembre 1639, pouvait faire croire qu'avec la guerre allaient cesser les maux du pays; malheureusement la France avait été trop radicalement ruinée pour que deux ou trois mauvaises années de récolte ne se fissent pas rudement «entir, et ne devinssent une véritable calamité nationale: aussi le premier placard est-il fait pour détromper l'opinion publique... il est intitulé: Discours sur la conclusion de la paix^ et doit être probablement de la fin de 1639 ou des premiers mois de 1660.

« Il n'est pas encore temps de s'arrâter dans le chemin de la miséricorde et d'abandonner une si sainte entreprise ; il faut encore quelques nouveaux efforts pour cet hiver; il faut se rehausser par une charilé nouvelle... les vignes et les seigles ont gelé en Champagne, les fourrages sont si mauvais qu ih ont causé la mort à la plupart des bestiaux; lairécolte des blés n'a pas été abondante en Picardie; la calamité qui règne par tous ces lieux-là excède sans exagération celle des années précédentes (1656-57), où nos années faisant leur séjour en Flandres, ils n'avaient qu'à en souffrir les passages. 11 est donc de la dernii r nécessité de ne pas refuser à ces pauvres affligés ce dernier soulagement... Les pauvres de provinces ont vécu avec beaucoup de peine durant les premiers mois de l'hiver, se servant du peu qu'ils avaient recueilli; maintenant ils n'ont plus rien. On écrit à Paris de tous cùtt leurs misères extraordinaires et particulièrement celles de Bourgognr, de Picardie, de Lorraine, du pa^s Messin (Metz) et de l'Angoumois.

« Les personnes de probité qui ont visité ces provinces ont à peine trouvé des maisons où il y eût du pain, et c'est une chose fort rare d'y voir un drap et une couverture; les sains et même les malades ne sont couchés que sur la paille, qu'on ne voudrait pas faire servir à mettr sous les animaux; ils ne sont couverts que de leurs pauvres haillon La misère est très-grande aux environs de Paris: à Villers le Bel, hs pauvres courent aux bètes mortes qu'on jette à la voirie et se disputent avec les chiens à qui en aura un morceau, ce qui les a fait presque tous malades... On a tâché de leur procurer quelque petite assistance; mais la misère est si grande et les charités si refroidies que l'on se voit avec douleur dans l'impuissance de secourir ces pauvres abandonnés.»

Et comme les Relations, le placard finit en priant d'adresser les charités aux mêmes dames et à quelques

DÉGUISÉE sous DIVERS TITRES. 515

nouvelles: mesdames de Nicolai, de Miramion, Brice. Chevalier^ mademoiselle de Lamoignon.

Ce premier avertissement fut bientôt suivi d'un second qui est daté du carême de 1660 et porte pour titre : Réflexions sur les misères du temps (quatre pages).

« Il arrive tous les jours tant de cas étranges et en tant de divers endroits qu'il faudrait un livre pour exprimer 1 affliction générale. Nous vous dirons seulement que de 200 personnes qui seront dans un village, il en faut faire état que 180 n'ont qu'un morceau de pain, lesquels sont réduits à languir, les autres à voler et quelques-uns à la lage et au désespoir, et tous à la mort inévitablement, si on ne les Becnurt promptement. On peut assurer que plus de 10,000 sont morts de nécessité dans le Maine, la Touraine, le Blaisois, le Perche et ailleurs; environ 30,000 languissent misérablement et s'en vont les uns après les autres; il faudrait 10,000 livres par semaine seulement pour le» empôeher de mourir de faim, tant les vivres sont cbers; combien plus en faudrait-il pour les fortifier un peu! Il est do la dernière obligation de leur conserver la vie à tous autant qu'il est en notre pouvoir, si nous ne voulons être coupables de leur mort; et il est nécessaire d'en mettre le plus possible en état de travailler, pour cultiver les terres en friche et les campagnes désertes; autrement les villes, qui ne subsistent que par le travail et la moisson des laboureurs, manqueront de vivres; et l'on doit craindre qu'après la faim, la peste^ qui n'épargne personne et qui s'engendre de la mauvaise nourriture, Devienne ravager Paris. »

On est obligé, on le voit, d'effrayer les esprits pour ranimer dans les cœurs la charité découragée par celte longue misère. « Au nom de Dieu, faites, dit l'écrivain en terminant, un effort pour prévenir ces malheurs; ouvrez votre bourse aux pauvres moribonds, empruntez, engagez, etc. » Toujours les mômes adresses pour les aumônes.

Pour achever d'émouvoir les cœurs, viennent les espèces de relations détaillées ; l'une est intitulée : Réflexions sur ces paroles de J. C. : « Vous aurez toujours des pauvres avec vous. »

■ n y a obligation de conscience de vous représenter de nouveau It

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