GUERRE A LA SOCIÉTÉ
nances au sujet des gabelles : arrêt du conseil du 25 janvier 1645, portant que les bestiaux paissant, et autres biens et fruits qui se trouveront dans les paroisses, seront saisis et vendus jus(iues à la concurrence de ce qui sera dû pour l'iœpôt du sel. Afln d'encourager la surveillance des commis aux gabelles, un arrêt du 11 janvier 1645 le? exempte de toutes tailles et impositions, déclare que leurs taux seront rejetés sur les autres contribuables, que les sommes payées par eux leur seront rendues; défense est faite aux intendants de les comprendre au rôle des tailles, à peine de dommages et intérêts, et ce sur la simple requête de l'adjudicataire général des gabelles.
L'administration des gabelles était une véritable inquisition fiscale établie à divers degrés dans toute l'étendue du royaume. On ne reculait devant rien, on avait recours à toutes les mesures vexatoires que la police la plus tracassière, la plus ombrageuse, peut imaginer en fait de surveillance et d'oppression : mêler de l'eau de mer avec l'eau naturelle pour faire cuire quelques légumes, était pour l'habitant de nos côtes un crime de lèse-gabelle; prêter des poignées de sel à un voisin donnait lieu à une contravention. Visites domiciliaires de jour et de nuit, arrestations préventives, amendes arbitraires, tout était permis pour le salut de cette arche sacro-sainte ; on pendait sans forme de procès le voiturier qui violait quelques-uns des règlements infinis, sur la police du roulage pour le sel; on saisissait tout bétail qui, s'égarant, allait paître sur les marais salants; on emprisonnait le malheureux qui employait à conserver une tranche de lard le sel qui devait servir à la cuisine ordinaire. Chaque espèce de sel avait sa législation ; il fallait des armées dû