‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 60 sur 503 · IMPOTS DES BOISSONS · texte numérisé non relu

IMPOTS DES BOISSONS

tir, et il en était à peu près de môme de tout l'ancien état de choses*.

L'impôt sur les boissons, ou les Aides, n'était guère moins lourd et moins tracassier. Là, nous retrouvons d'abord les droits féodaux, ban des vendanges, ou fixatioij de l'ouverture des vendanges, selon le bon plaisir du seigneur, ce qui amenait souvent une cueillette non mûre ou des raisins gâtés sur leurs ceps, toujours de grosses pertes pour le cultivateur; puis les redevances en nature, c'est-à-dire variées à l'infini : carlelage, ou le quart de la récolte; forage, ou permission de détailler avec enseigne, etc.; les corvées pour les vignes du seigneur, ou vi7iade; le banvin, ou droit du seigneur de vendre seul exclusivement pendant quarante jours de l'année; puis venaient les réglementations royales, comme celle-ci: ordre d'arracher les vignobles pour en faire des terres à blé, à la suite de plusieurs années de stérilité, mesure inhabile qui rendait le vin plus rare sans rendre le blé plus abondant, puisqu'il faut un assez long repos de la terre pour que le blé puisse succéder à la vigne, mesure onéreuse au fisc, puisque l'impôt est beaucoup plus considérable sur les vignobles que sur les terres à blé.

Les aides générales les plus importantes établies sur les boissons étaient : le gros, ou impôt de un sou et six de-

i. Voir sur cette question : Recueil d'édits et d'ordonnances, augmenté sur l'édition de P. Néron et Et. Girard, 1720. 2 vol. in-f», t. I, p. 884; Mémoire concernant les droits et les impositions, par Moreau de Beaumont, intendant des finances, 5 vol. in-f», 1708-1789, t. 111, p. 1 à 270; nous avons vu aussi citée une Histoire de la Gabelle, par M, Eug. Leserinier ou Lescrinier, que nous n'avons pu parvenir à nous procurer. M. Richard, conservateur à la Bibliothèque impériale, prépare une histoire très-éludiée de la Contrebande sous l'ancien régime; les mômes rigueurs étaient déployées à l'occasion des toiles peintes, des indiennes et de toute l'industrie, qui ne pouvait par conséquent se développer.

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