‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 69 sur 503 · IGNORANCE EN ADMINISTRATION · texte numérisé non relu

IGNORANCE EN ADMINISTRATION

ils étaient intùressés dans les revenus du nouvel impôt; aussi celle classe d'individus fourmillail-ellè à la cour, dans la ville *. Comme le rapporte de Retz dans ses Mémoires, t on ne refusait rien, » et La Feuillade disait qu'il n'y avait plus que quatre mois dans la langue françnisc : t La reine est si bonne! » Un des traits qui peint le mieux le désordre de cette époque nous a été conservé ; par Madame, mère du régent : « Au commencement, dit- \ elle dans une lettre (6 août 1718), la reine ne savait rien I de rien; elle donna un jour à sa première femme de \ chambre, la Beauvais, les cinq grosses fermes^ dont le produit fait vivre toute la cour. Lorsqu'elle vint au con* seil et proposa la chose, tout le monde se mit à rire, et on demanda à la reine avec quoi elle comptait vivra; lorsqu'on lui eut expliqué le fait, elle fut tout étonnée; elle croyait n'avoir donné qu'une ferme qui s'appelait les Cinq fermes. Cctle anecdote est très- vraie, le vieux chancelier Lelellier, qui assistait à la séance du conseil où la reine fit cette proposition, me l'a racontée; elle-même en a souvent ri depuis et reconnu son ignorance. On a sur la régence d'Anne, ajoute Madame, bien d'autres historiettes de ce genre. » .

Cette bonté ne pouvait continuer qiie par la ruine de tous : villes et campagnes, nous l'avons vu dans un chapitre précédent, répondaient en gémissant aux rires et à la joie de la cour. Mazarin, à bout de ressources, dut commencer à refuser; dès lors sa perle, un instant ajournée, fut jurée par tous.

A la fin de l'épitaphe qui accompagne l'oraison funèbre prononcée par monseigneur Nicolas Grillie, évoque et

1. Le donneur d'avis aux partisans, sortant du Cabinet des idéoa, 1C'.9.

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