‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 71 sur 503 · VRAIE CAUSE DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

VRAIE CAUSE DE LA FRONDE

perte de ses privilèges anéantis ou méconnus, semblait donner un caractère de légalité à la résistance.

Un passage d'une remontrance de cette cour souveraine (21 janvier 1649) met parfaitement en lumière cette véritable cause de la Fronde:

m L'élévation d'un particulier en trop haute puissance est contraire aïK règles de la bonne police en toute sorte de gouvernement et si;écialement aux monarchies qui ont pour loi fondamentale qu'il n'y a qu'un maître en titre et en fonction, de sorte qu'il est toujours honteux au prince et dommageable à ses sujets qu'un particulier prenne trop de part en son affection et en son autorité; celle-là doit être communiquée à tous, l'autre n'appartient qu'à lui seul. D'ailleurs votre Parlement avait sujet de croire que la propre expérience de la reine votre mère lui serait une garde fidèle pour la garantir de cet accident, ayant vu, pendant son mariage, en deux notables exemples du maréchal d'Ancre et du cardinal de Richelieu, combien l'élévation d'un sujet en trop de faveur et d'autorité avait été difforme, jusqu'à quel point elle avait été redoutable au roi et intolérable à ses peuples... Elle avait vu sous le gouvernement de ces puissances les compagnies les plus célèbres avilies, les personnes de toutes conditions opprimées, sans respecter les royales, non pas même la sienne et celle de la feue reine votre aïeule; bref, il n'y a rien eu de si sacré qu'elle n'ait vu profaner par leur insolence et ambition, il n'y a rien de si cher à l'État qu'elle n'ait vu sacrifier à leurs intérêts... Toutes ces considérations nous étaient des gages assurés que, pendant cette régence, nous ne pourrions tomber en de semblables malheurs... Mais il est arrivé que Maaaria, élevé par le cardinal de Richelieu, nourri dans ses maximes ambitieuses et formé par ses artifices, succédant à son ministiire^ a succédé de même à ses desseins *. »

Au début, on le voit, ce n'est pas contre l'étrangci', mais contre le ministre, élève et continuateur des desseins

1. Arch. imp., ms. U, 333. Ane. regist. du Parlement. Voir aussi Choix de mazarinades, par M. Moreau, des nombreuses pièces qui tiennent le même langage et particulièrement Requête des trois États présentée à messieurs du Parlement, 1648, t. I, p, 28, 35, et Raisons d État contre le ministère, etc., V Anathènie et l'excommunication d'un ministre d'État, etc., tiré de l'Écriture sainte, p. 65, &^; Lettre d'avis à MM. du Parlement, écrite par un provincial (4 mars 1C49), etc.

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