‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 77 sur 503 · LA RÉFORME DE L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LA RÉFORME DE L'ÉTAT

! liance de la magistrature une sorte d'apparence légale à ' l'insurreclion, pendant que le Parlement qui, pour la j première fois, se posait en adversaire sérieux de la cou- ' ronne, allait gagner à ce contact l'audace qui lui man- I quait d'ordinaire pour lutter contre la royauté dont il \ avait été si longtemps le docile instrument. I " Le chaos des discussions du Parlement avec la reine et • ses ministres avait montré qu'il n'y avait pas de prini cipes fondamentaux en France. Après avoir « cherché, en s'éveiîlant, comme à tâtons les lois du royaume, on ne les trouva plus; l'on s'effara, l'on cria, l'on se les demanda, )) dit justementRetz, et chacun conclut qu'il fallait en faire: c'est le rôle que se donna la chambre de Saint-Louis, la réforme de l'État.

Brouillé avec la bourgeoisie, le peuple et le Parlement, Mazarin pouvait-il au moins compter sur la noblesse? Les largesses immenses du ministre et de la reine avaientelles gagné cet ordre au parti de la cour? Dès qu'on vit qu'il n'y avait plus rien à recevoir; que pour défrayer la table du roi il fallait mettre en gage les pierreries de la couronne, la désertion et l'insolence devinrent générales: on ne saluait môme plus Mazarin; et, comme disait la reine, « on tenait à honneur de lui désobéir. » Le duc d'Orléans et le vieux prince de Condé seuls soutenaient encore le ministre, et, pour prix de cette déférence, obtenaient l'un le gouvernement du Languedoc, et l'autre celui de Champagne pour son fils le duc d'Enghicn; encore la maison de Condé, déjà maîtresse des gouvernements de Champagne, Bourgogne, Bresse, Berry, et ayant l'autorité dans les maisons royales par la charge de la grande-maîtrise, s'éloigna-t-elle bientôt mécontente de ce que la reine prenait à leur détriment, disaient-ils, la

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