LE PARLEMENT ENTREPREND
rejeter cet impôt, put compter sur toute la reconnaissance des Parisiens.
Mais, comme il fallait de l'argent, d'Emery remplaça son tarif sur les aliments par la création de nouvelles charges de maîtres des requêtes, et n'accorda le renouvellement du droit annuel perçu sur les charges héréditaires ou la Paulette *, qu'à la condition que les titulaires renonceraient à quatre années de leurs gages; on avait, il est vrai, exempté le Parlement de celte retenue pour le disposer plus facilement à enregistrer l'édit. C'était vouloir acheter la magistrature; mais le calcul de Mazarin fut déjoné : le Parlement, sans profiter des avantages qu'on lui offrait, fit cause commune avec les autres compagnies, et le 13 mai 1648 les Cours des comptes et des aides, le grand Conseil et i'Hôtel de ville, assemblés dans la chambre de Saint-louis, comme sous l'égide du représentant incarné de la justice, se liaient au Parlement par un édit d'union, déclaraient ne former qu'un seul et même 3orps, divisé en classes toutes solidaires les unes des autres. Mazarin eut beau proclamer cet édit d'Ognon attentatoire à la Majesté royale, comme il n'avait pas d'armée, et que déjà l'émeute grondait menaçante dans les bouges de la populace, au fond de l'arrière-boutique des commerçants et dans les assemblées des rentiers, il dut céder et permettre aux compagnies de s'assembler.
C'était donc là le résultat définitif de toute cette habileté de Mazarin : sceller l'entente entre le peuple, la bourgeoisie et le Parlement, c'est-à-dire donner par l'al-
1. Le soixantième du prix des charges. Pour ce débat, M. Cousin a judicieusement montré, d'après les lumières de la science moderne, qiiu l'équité n'était pas tout entière du côté du Parlement. {Madame de Longueville pendant la Fronde.)