SERMON DE GONDY
la chaire, Gondy pouvait exhaler tout son mécontentement, adresser une leçon à la reine et au ministre, censurer l'administration, réclamer au nom des peuples opprimés, etc. Jamais tribun n'eût rencontré une circonstance plus opportune; et croit-on que de Retz y eût manqué, s'il eût été en ce moment engagé dans l'opposition faite à la reine et à Mazarin. Loin de là, Gondy ne sait trouver que des éloges « pour la plus grande et la plus vertueuse des reines. » Il exhorte le jeune roi à n'oublier jamais les conseils de sa mère, qu'il compare à Blanche de Castille. S'il touche en passant à l'affliction des peuples par suite des longues guerres, il n'en accuse que • l'opiniâtreté des ennemis. » « La piété de la reine l'eût fait cesser depuis longtemps si le terme dépendait de sa volonté, » etc. N'est-ce pas le langage d'un prélat courtisan qui attend une faveur du pouvoir, et par ses flatteries témoigne de son dévouement absolu ? C'étaient en quelque sorte des arrhes qu'il donnait pour le chapeau de cardinal* tant convoité.
La journée des Barricades, le triomphe de Broussel, qui, selon la juste remarque de madame de Motteville, « n'avait rien de recommandable que d'être entêté du bien public et de la haine des impôts, » les symptômes généraux de Topinion tout à fait déclarée pour le Parlement ^ auraient dû convaincre la reine qu'elle pouvait facilement reconquérir sa popularité des premiers jours et arrêter les troubles en donnant satisfaction aux inté-
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4. Un trésorier de France de Poitiers, en septembre 1648, fit une rente four une messe tous les jours dans la chapelle du Palais de Paris, pour ia prospérité de ceux qui avaient travaillé pour la réforme de l'État. Ws. Bl. Manteaux, 60. Bibl. imp.