S SITUATION MORALE
l'origine pour être l'auxiliaire et le très-humble serviteur de la royauté, le Parlement avait peu à peu grandi. Sa longue existence, de mémorables services rendus au pays dans les circonslances difficiles, une indépendance énergique et mesurée, le savoir et les vertus solides de ses membres, telles étaient les sources auxquelles le Parlement avait puisé l'autorité qu'il exerçait sur les esprits aussi bien que sur les affaires de l'Etat. Se regardant comme le successeur et le remplaçant des anciens États généraux de France, il voulut en jouer le rôle : une simple formalité législative, la coutume de l'enregistrement des ordonnances royales, qu'il fallait porter à sa connaissance, puisqu'il était destiné à les appliquer, devint bientôt entre ses mains un droit puissant. Les fautes de l'administration fournirent au Parlement de fréquentes occasions de résister, par ses remontrances, à toutes les mesures iniques, avec l'approbation du pays, dont il défendait ainsi les intérêts.
Toujours obligé de céder, il protestait au nom de la justice, et ses défaites étaient pour lui autant de victoires dans l'opinion publique. Son rôle, au commencement des régences de Marie de Médicis et d'Anne d'Autriche, vint encore ajouter à la haute opinion que le Parlement avait de son pouvoir; aussi un des membres les plus sérieux et les plus modérés, le président de Mesmes, n'hésitait
de Datante, le Parlement et la Fronde; L. de Carné, les Fondateurs do l'unité en France (Richelieu et Mazarin); de Rémusat (art. Richelieu], dans Critiques et études littéraires; Cliéruel, Histoire de l'administration; Institutions de la France, QlJournal d'Ormesson. Nous recommandons le Journal d'Ormesson autant pour les savantes notes tirées de tous les documents de l'époque, inédits pour la plupart, que pour le texte lui-môme, si important au point de vue du parti parlementaire.