‹ La misère au temps de la Fronde et Saint Vincent de PaulChapitre 88 sur 503 · VV PARLEMENT · texte numérisé non relu

VV PARLEMENT

pnsà déclarer que les Parlements tenaient un rang audessus des États généraux, « étant juges par la vérification de ce qui y était arrêté, et médiateurs entre le peupla et le roi. » Mais au milieu de ses plus hardis projets d'émancipation, de ses rêves les plus ambitieux, le Parlement ne pouvait, ne savait oublier que c'était à la royauté qu'il devait son origine; de là cette obéissance passive dès que le monarque voulait bien prendre la peine de se rendre en personne au Palais, pour y tenir ces séances dictatoriales, connues dans l'ancien régime sous le nom de lits de jiisHce.

Toujours à la hauteur de leurs devoirs comme magistrats, les parlementaires étaient bien éloignés d'être des hommes politiques ou des -administrateurs, t L'horizon de lagrand'chambre était encore plus rétréci que celui du Louvre. » Ils ne savaient que substituer l'esprit de corps au véritable esprit national. Leurs privilèges, qui faisaient de ces magistrats l'aristocratie du tiers état, les rendaient inhabiles à traiter et à soutenir des questions théoriques touchant à des intérêts généraux; leur esprit formaliste, nourri par ces longues études de droit, n'osait sortir des us et coutumes pour s'aventurer dans des discussions doctrinales, qui seules pouvaient faire éclore la moderne charte de l'affranchissement. Situation illogique et fatale, d'où résultaient, par un singulier contraste et une inconséquence non moins fâcheuse qu'inévitable, à la fois de vagues aspirations à l'indépendance et une insolente soumission. La victoire du Parlement était donc dilTicile, et cet essai de révolte légale allait, après des douleurs et des misères infinies, consacrer, et pour un trop grand nombre d'esprits timides, justifier l'absolutisme, dissimulé par une grandeur trompeuse pendant

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