DEVIENT ARISTOCRATIQUE
ce (It'Iai, tous les Français ne pourraient lui donner asile et devaient lui courir sus. C'était une véritable déclaration de guerre au roi ; il est vrai que pour pallier cet acte de vigueur, messieurs du Parlement priaient le roi de t recevoir cette résolution non comme un acte de rébellion, mais comme un effet de leur devoir, ne pouvant sans crime omettre de se défendre et encourir le reproche d'avoir laissé périr leur roi par un faux zèle plein d'ignorance, sous prétexte que leur oppression était revêtue du nom et de l'autorité de Sa Majesté. »
Aucun récit ne donne une image plus vive de l'état de Paris à ce moment que les Mémoires de Mole :
n Après ce jour fatal du départ de la cour, tout ordre public fut ren- ▼ersé! L'exercice de la justice cessa*; cliaque jour les chambres étaient assemblées, matin et après-dîner, fôtes et dimanches. Le prétexte était si plausible et le mouvement si rapide, qu'il était nécessaire de s'y laisser entraîner (lui. Mole, dire cela! Cet aveu peint la situation). Chacun ne pensait qu'à conserver sa vie. Le travail cessa parmi tous les artisans, le trafic et le commerce parmi les marchands. Les désordres de l'arniéo dans les environs étaient tels qu'ils faisaient horreur. Tout le monde se plaignait en public, chacun proposait ce qui lui venait h l'esprit. On ne laissait sortir ni hommes, ni bagages par les portes. Les bourgeois étaient armés dans les quartiers. Le mouvement était si général que l'on ne voyait aucun espoir de salut. »
La présence de Condé, ce rude soldat, inquiétait singulièrement la révolution; car personne, ni à l'hôtel de ville, ni au Parlement, ne se sentait en état de lui résister. Il fallait nécessairement s'allier à la noblesse : c'est ce que fit promptement comprendre de Retz, ce cadet de grande maison, dont les habitudes ne pouvaient longtemps s'accorder avec ces magistrats austères et ces bour-
1. «Le Parlement, dit Dubuisson, ne recommença le cours de la justice pour les particuliers que le 12 avril, c'est-à-dire après une interruption de plus de trois mois. »